Le Club Memori
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Les problèmes de concentration semblent devenir presque endémiques de nos jours. Manque de concentration au travail ou troubles de la concentration à l‘école sont devenus courants.  Evidemment, au travail, c’est une cause d’erreurs et, dans certains cas, d’accidents. A l’école, c’est une cause de désordre dans la classe et de mauvais résultats.

Mais, et la mémoire là-dedans me direz-vous ? Eh bien, il se trouve que tout ce qui ressemble à de l’attention ou de la concentration est un facteur important de bonne mémorisation. Et inversement… Quel que soit le type de mémoire dont on parle, problème de concentration et mémoire, c’est lié. Obtenir une attention suffisante et soutenue est donc un atout pour bien retenir les informations.

Il se trouve que j’ai été formateur en entreprise dans les années 70 / 80. J’avais alors des stagiaires à la journée. Horaire habituel : 9 h -12 h sans pause et 13 h- 18 h avec un quart d’heure de pause. Aujourd’hui, c’est devenu impossible. Même avec des adultes, l’attention commence à décrocher au bout de trois quart d’heure ! Alors, la concentration…

Pour les enfants ce n’est pas mieux : inattention fréquente, concentration limitée à quelques minutes est devenu l’ordinaire de pal mal d’enseignants. Mais pourquoi donc ? Et que faire ?

D’abord, analyser la situation.

Manque de concentration : causes,
symptômes et remèdes

Commençons plutôt par les symptômes, c’est ce qui se voit le plus…

Symptômes du manque de concentration chez l’adulte

  • oubli de dates importantes
  • abandon fréquents de tâches non terminées
  • compréhension en lecture soutenue difficile
  • mémoire à court terme réduite
  • « rendement » horaire faible
  • procrastination

Vous voyez donc que les problèmes de concentration chez l’adulte peuvent avoir des effets multiples et parfois cumulées.

Symptômes du manque de concentration chez l’enfant

  • bougeotte ou, au contraire rêveries
  • inattention aux consignes
  • attention façon « girouette » en fonction des bruits, des événements
  • sauts continuels d’une tâche à une autre, éparpillement
  • mémoire à court terme déficitaire
  • « rendement » horaire faible

Chez l’enfant aussi, je dirais même à plus forte raison, les problèmes de concentration peuvent revêtir des formes diverses. Notons aussi qu’en primaire, un enfant est censé pouvoir être attentif pendant 30 minutes et se concentrer pendant 5 minutes sur 60 pendant les premières heures de la journée. Cela dit, comme pour les adultes (ci-dessus) il s’agit des symptômes principaux, plus ou moins intenses selon les cas. De plus, il peut y en avoir d’autres.

Manque de concentration: causes multiples…

La plupart des gens n’imaginent même pas la moitié des causes des problèmes d’attention ou de concentration. Je vous donne ici les principales, telles que je les ai rencontrées dans mon exercice professionnel.

Les plus fréquentes chez l’adulte:

  • absence d’intention face à la tâche
  • environnement démotivant
  • dépression, pessimisme, aboulie
  • surmenage
  • souffrance au travail, harcèlement

Les plus fréquentes chez l’enfant:

  • manque de sommeil (plus souvent qu’on ne pense)
  • harcèlement à l’école (on n’y pense pas toujours, et pourtant…)
  • maltraitance (même remarque)
  • problèmes familiaux, mésentente parentale
  • anxiété

Remèdes (adultes)

  • reconnaître la réalité du problème (les personnes touchées en sont rarement conscientes)
  • traitement de l’état psychologique si nécessaire (dépression par exemple)
  • poste de travail au calme, isolement par des panneau écran
  • environnement motivant, soutien par les autres quand c’est possible
  • blocage des distractions: téléphone, notifications…
  • organisation du travail, pause  toutes les heures
  • hygiène de vie, oxygénation, relaxation, sommeil

Remèdes (enfants)

  • suppression des causes d’excitation le soir
  • recherche d’éventuels problèmes à l’école
  • consultation psy pour les problèmes familiaux
  • moments relationnels centrés sur lui
  • absence de jugement (“tu fais jamais attention!” etc.)
  • appréciation des résultats scolaire centré sur les réussites et les progrès
  • tâches, devoirs, aux moment les plus calmes
  • une seule tâche à la fois, pas trop longue
  • routines régulières

TDA et TDAH

Le TDA chez l’enfant

Et le TDA (trouble de déficit de l’attention) et le TDAH (trouble de déficit de l’attention avec hyperactivité) dans tout ça ? A l’évidence, on en parle de plus en plus, alors qu’au début, il était surtout question d’hyperactivité. Quoi qu’il en soit, les problèmes d’attention et de concentration sont très présent dans ce syndrome.

A vrai dire, dans mon exercice professionnel, la très grande majorité des enfants hyperactifs que j’ai reçus étaient surtout des anxieux, des angoissés. Quand l’anxiété baissait, « l’hyperactivité » faisait de même. En période « hyperactive », ils étaient très inefficaces ou à côté de la plaque. Ils étaient plutôt dispersés qu’hyperactifs.

Aujourd’hui, on entend moins ces termes au profit des TDA ou TDAH. Dans leurs définitions, ces troubles sont neurologiques et ne sont pas liés à des facteurs émotionnels, problèmes familiaux ou autres. Ce n’est donc pas la même chose. Par ailleurs, ils sont précoces et préexistent à la scolarité primaire.

Malgré tout, les remèdes indiqués plus haut sont parfaitement valides pour eux, mais il se peut qu’ils nécessitent un traitement. Toutefois, je ne peux aborder les traitement ici. En effet, ce volet du problème est du ressort du médecin ou du pédiatre qui peut, le cas échéant, demander un avis plus spécialisé.

Les spécialistes insistent alors sur les attitudes à avoir face à un enfant manifestant un TDA, H ou pas. Par exemple:

  • lui parler lentement en le regardant.
  • lui éviter la compagnie de turbulents ou d’agités.
  • lui trouver un lieu de travail scolaire sans distractions (pas de vision par la fenêtre, pas de radio, pas de télé en marche etc…)

Le TDA chez l’adulte

Les hyperactifs adultes que j’ai connus, eux, ne supportaient pas le repos, les vacances, l’inactivité du corps, bref toutes les situations où ils auraient pu penser, réfléchir, s’inquiéter. Mais surtout, ils faisaient beaucoup de choses et abattaient du travail efficacement. Finalement, leur « rendement » était élevé et ils étaient très concentrés sur leurs tâches. C’étaient vraiment des hyperactifs efficaces..

Pour eux, hyperactivité n’était pas synonyme de dispersion. Bref, le terme ne désignait pas la même chose chez les adultes et les enfants. Malgré tout, les adultes peuvent aussi manifester un TDA ou un TDAH.

A dire vrai, c’est assez mal connu. D’ailleurs, quand on dit TDAH on pense aussitôt enfant… Mais non, les adultes aussi. Soit parce que le TDA était déjà manifeste dans l’enfance soit (possiblement) parce que cela s’est manifesté plus tard. Mais, si c’est neurologique, ce toute façon, c’était déjà là depuis longtemps. Ces adultes-là sont souvent hypersensibles, impulsifs et en assez grande difficulté sociale. Ils peuvent, par exemple, prendre les mots au pied de la lettre, ne pas comprendre les plaisanteries et se sentir vite blessés.

Là aussi, pour les adultes, les spécialistes insistent sur des spécificités, même si les remèdes indiqués plus haut restent valables comme base. Par exemple:

  • utiliser les couleurs pour différencier les tâches dans l’agenda ou sur la feuille de route de la journée.
  • se lancer des défis régulièrement pour obtenir que quelque chose soit fait, mais pas parfait.
  • découper les tâches et se donner une limite horaire ou une date limite.
  • avoir un carnet sur soi pour noter les choses à faire
  • lire avec un crayon à la main et annoter sa lecture.

Conclusion

Problèmes de concentration ? Chez l’adulte et l’enfant cela ne se manifeste pas tout à fait pareillement. Mais, c’est essentiellement parce qu’ils n’ont pas la même vie. Vous voyez toutefois la forte parenté des symptômes et une évidente analogie dans les cases et les remèdes.

TDA ou TDAH ? Là encore, adulte et enfant ne sont pas si éloignés. Sauf que c’est assez méconnu chez les adultes.. La plupart du temps, les gens se préoccupent plus de leurs enfants que d’eux-mêmes. Et il ne leur vient même pas à l’esprit de consulter alors qu’ils le feraient pour leurs enfants. de ce fait, ils sont rarement traité.

Cependant, pas de panique… Si vous pensez au TDA ou TDAH pour expliquer vos difficultés, vous pouvez passer vous-même un test. Inutile de se faire des idées s’il n’y a pas lieu. Et, si c’est justifié, alors vous saurez que vous devrez consulter.

Je n’ai pas traité ici de l’aspect sociologique des troubles de l’attention et des problèmes de concentration (c’est un peu cousin germain). Néanmoins, ils existent. A l’heure du jetable et de la zappette, de la surinformation, des notifications, des SMS, des tweets etc., la dispersion devient presque l’état normal quelque soit l’âge ou presque. Ce serait l’objet d’un autre article.

Alors, devant le manque de concentration que faire ? Avoir un sursaut, sans doute. Vous désengager de ce qui ne vous enrichit pas, vous recentrer sur votre essentiel, vous y tenir. Facile à dire, moins à faire. La bonne résolution ne suffit pas, vous devez en faire un projet.

Bonnes lectures.

Sommaire
Problème de concentration, adulte ou enfant, que faire ?
Titre de l'article
Problème de concentration, adulte ou enfant, que faire ?
Description
Problème de concentration, manque de concentration, inattention, dispersion... un florilège de mots pour désigner un problème qui touche aussi bien les adultes que les enfants. Que pouvez-vous faire ? Cet article traite des symptômes, des causes et des remèdes.
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Le Club Memori