Le Club Memori
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La mnémotechnique et les études de médecine
ont toujours fait la paire.

La première année de médecine a toujours été une année d’ingurgitation à une telle cadence que la mémoire déclarerait forfait si on ne lui apportait pas du soutien. A moins d’avoir une mémoire plus qu’exceptionnelle,  les moyens mnémotechnique y ont de tout temps été nécessaires. Et  la réforme de 2010 instituant la “PACES”, n’y a rien changé.

C’est un fait. Les méthodes mnémotechniques ont spontanément fleuri dans cette discipline plus qu’ailleurs. Lorsque je recense les mnémoniques (les “trucs” mnémotechniques) ce sont les études de médecine qui sont le plus gros contributeur. Il faut dire que cette discipline traîne une sale réputation en ce qui concerne la première année. Quatre vingt huit pour cent d’échec au concours, est-ce bien raisonnable ?

88 % en 2017, 86 % en 2018, combien en 2019 ?

C’est une anomalie, c’est le moins qu’on puisse dire. Surtout quand on sait que l’écrasante majorité des étudiants vient de la filière S. Ça fait froid dans le dos. Même si dans les autres discipline, le taux d’échec reste assez important, mais très loin derrière la PACES. En cause, certainement, un rythme de travail effréné et le fait qu’il s’agisse d’un concours avec un nombre de places limitées.

Les étudiants ne peuvent agir que sur le premier point. Comment réussir à mémoriser l’avalanche d’informations à ingurgiter ? C’est ici que les méthodes mnémotechniques viennent à la rescousse d’une mémoire gavée jusqu’à l’apoplexie. Je devrais plutôt dire les “moyens” mnémotechniques car ce sont souvent de petits moyens, adaptés au cas par cas.

Même si certains étudiants (rares) témoignent d’avoir utilisé des méthodes génériques, la plupart emploie plutôt des moyens spécifiques.C’est un peu la logique de “mais ou et donc or ni car” de l’accole primaire… à chaque problème sa solution !

Image par Parker West (Pixabay)

Florilège de mnémoniques des études de santé

Mnémoniques simples…

La mnémotechnique appliquées a la médecine est donc spécifique. Pour autant, elle peut donner des idées pour d’autres disciplines. En la matière, l’inventivité est reine. Je dis d’ailleurs souvent (et je l’écris aussi) qu’il faut se former à inventer ses propres mnémoniques. C’est la meilleur façon de s’aguerrir, de prendre l’habitude de trouver des “trucs” pour mémoriser. Cela étant, si les générations précédentes ont déjà fabriqué des mnémoniques qui vous conviennent, il n’est pas nécessaire de réinventer la rouie.

Voici donc quelques-unes des meilleurs moyens mnémotechniques trouvés au fil du temps par les étudiants en médecine. Commençons par des choses simples…

Pour les os du carpe, SCAPITRILU, HACATRATRA ! Une sorte de formule incantatoire… Soit scaphoïde, pisciforme, triquetum, lunatum et Hamatuim, capitatum, trapézoïde, trapèze.

Cette formule utilise ce que l’on appelle des indices de rappel. On dit aussi indices de récupération. C’est la même chose. Un indice der appel, c’est une information facile a retenir (ou déjà bien connus) qui permet de rappeler des informations difficiles à retenir ou mal connues. Ici les indices de récupération sont les premières syllabes de chaque noms à retenir: sca pour scaphoïde, par exemple.

La formule magique SCAPITRILU HACATRATRA est nettement plus facile à apprendre par cœur que la liste des os. La quasi-totalité des formules mnémotechniques utilisées en PACES sont de cette sorte. Et, même par la suite, dans les années supérieures de médecine ce genre de formules reste dominant.

Plutôt qu’une formule, voici une phrase clé. Oh oui mon poêle, tu m’as fait aussi grelotter pendant six grands hivers ! Tout ça pour les 12 paires de nerfs crâniens : olfactifs, optiques, Moteur oculaire commun, pathétiques, Trijumeau, moteur oculaire externe, Faciaux, Auditifs, Closso-pharingiens, Pneumogastriques, Spinaux, Grand hypoglosse…

Mnémoniques moins simples…

Ci-dessus, l’indice de rappel est réduit à sa plus simple expression: la première lettre du nom de chaque  nerf. C’est moins efficace que la première syllabe mais ça dépanne. Seulement voilà, les nomenclatures changent… Cette mnémonique est assez ancienne et ces nerfs ont changé de nom…

Il faut compter désormais avec les nerfs: Olfactifs, Optiques, Oculomoteur, Trochléaire,Trijumeau, Abducens, Faciaux, Vestibulo-cochléaires, Glosso-pharingiens, Vagues, Accessoires et Hypoglosse…Ces nouvelles appellations sont moins simples qu’avant. Ou, si vous préférez, elles sont plus compliquées. Question de point de vue !

Qu’à cela ne tienne, on s’adapte ! Je vous propose: Olaf opte ouvertement pour le troquet tribal mais Abdel, face au vestibule, glousse vaguement en accédant à l’hippodrome. Les noms sont t trop compliqués pour qu'”on puisse faire une phrase clé dans laquelle chaque mot commencerait par la première syllabe de chaque nom. Mais on arrive quand même à caser parfois une syllabe ou même deux.

Un peu moins simple aussi, parce qu’en anglais : some angry lady figured out post menopausal syndrom. Ça, c’est pour les artères collatérales de la carotide externe. C’est-à-dire, dans le bon ordre, Superior thyroidal, Ascending pharyngeal, Lingual, Facial, Occipital, Posterior auricular, Maxillary, Superficial temporal. Mais vous êtes censé devenir bilingue, non ?

Certaines mnémoniques peuvent paraître assez longues. En voici une que j’ai trouvée sur l’Internet : Si un glacier super infidèle est honteux d’avoir perforé le rectum et élevé l’anus d’un cuisinier pourtant consentant, un cu fera un jugement impartial en oubliant l’inacceptable.

Cela ne parait pas si facile que ça à apprendre par cœur. Oui mais voilà : est-ce que c’est plus simple d’apprendre les rameaux du plexus sacré ? Voyez vous-même : sciatique; glutéal supérieur et inférieur; honteux; piriforme; rectal supérieur ; élévateur de l’anus; cutané postérieur de la cuisse; carré fémoral et jumeau inférieur; obturateur interne.

En médecine ou ailleurs,
la mnémotechnique soit être inventée

Que les études de médecines soient, parmi toutes les disciplines, les plus génératrices et utilisatrices de moyens mnémotechnique, cela ne fait aucun doute. Et pas que pour la PACES. C’est vrai pendant tout le cursus universitaire. Il existe d’ailleurs un livre intitulé “1000 moyens mnémotechniques pour l’ECN” exclusivement consacré aux épreuves d’admission à l’Internat. On est alors rendu à la 7ème année de médecine… (note: le lien ci-dessus n’est pas sponsorisé, c’est juste une information à toutes fins utiles).

D’un autre côté, pendant mes études de psychologie et de psychopathologie, j’ai rarement utilisé la mnémotechnie. L’étude des théories du fonctionnement cognitif, par exemple, n’en a pas besoin. Elle fait appel à la compréhension fine de processus qui s’enchaînent et, quand on a compris, c’est bon. On n’a pas de formules à apprendre comme en électricité ou en chimie, ou de nomenclatures comme en médecine. Les stages d’application ne nécessitent pas non plus de faire appel à de tels moyens.

Néanmoins, il existe bel et bien des disciplines ou la mnémotechnique, à défaut être incontournable comme en PACES, reste tout à fait utile. Il faut toutefois garder à l’esprit que la mnémotechnie n’est valable que si la mémorisation devient plus simple avec que sans… Il ne faut pas que ce soit une usine à gaz. Il faut raison garder.

Et surtout, il ne faut pas hésiter à inventer ses propres moyens. Il se peut, en effet, que les moyens existants ne vous satisfassent pas. Il se peut aussi qu’il n’en existe pas encore. Dans tous ces cas-là, inventez ! C’est une bonne discipline, qui est par elle-même, un booster de mémoire. Plus vous travaillerez à chercher une mnémonique, mieux vous mémoriserez les informations qui en sont l’objet.

Soyez créatifs…

Sommaire
Mnémotechnique, PACES et médecine
Titre de l'article
Mnémotechnique, PACES et médecine
Description
La mnémotechnique est incontournable en médecine notamment en PACES.
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Publié par
Le Club Memori