Le Club Memori
Pour ceux qui veulent comprendre, maintenir et améliorer leur mémoire.
Vulgarisation scientifique, méthodes, trucs et astuces pour bien mémoriser.

Est-ce que la mémoire sémantique nous rend plus intelligent ? Est-ce qu’on en a tous autant ? Est-ce qu’elle nous préserve de l’Alzheimer ? Ce sont quelques questions qu’on m’a posées récemment. Alors, faisons le point.

Spontanément, quand on pense mémoire, il s’agit en fait le plus souvent de la mémoire sémantique. Pourtant nous en beaucoup d’autres. Je pourrais ainsi vous parler, en vrac, de mémoires sensorielles, de mémoire autobiographique, de mémoire émotionnelle, de mémoire procédurale, de mémoire motrice, imagée, déclarative etc.

On pourrait donc dire que la mémoire sémantique n’est finalement qu’une mémoire parmi d’autres. Mais si c’est à la mémoire sémantique qu’on pense tout de suite quand on pense mémoire, ce n’est peut-être pas sans raison.

Alors, à quoi sert-elle ?

Note à ceux qui me suivent régulièrement : cela fait bien deux mois que je n’avais pas publié d’article. Cela parce que j’étais très occupé à mettre au point une formation en ligne pour un autre site. Ce n’est pas encore terminé mais les parutions vont petit à petit retrouver leur rythme antérieur. Merci pour votre patience.

La mémoire sémantique stocke et met à jour
vos connaissances

A ce titre, c’est sans doute votre plus importante mémoire. Que seriez-vous, en effet, sans connaissances ? Votre vie serait peut-être alors purement végétative… ☹

Quoi qu’il en soit, votre mémoire sémantique stocke tout ce que vous savez.

C’est donc le cas de tout ce que vous avez appris sur le monde depuis votre naissance, par vous-même, à l’école ou autrement. Sous des formes diverses : mots, descriptions, concepts. Lesquels sont généralement liés à des images, des sons, etc. qui sont stockés dans d’autres mémoires.

La mémoire sémantique assure en effet aussi le lien vers ces informations complémentaires. Un peu comme si vous cliquiez sur un lien dans cette page menant à une image ou un fichier audio.

Si vous savez, même sans y être jamais allé, que Paris est la capitale de la France et que la tour Eiffel s’y trouve, vous actionnez votre mémoire sémantique. Si en même temps vous voyez en esprit la tour Eiffel, c’est parce que votre mémoire sémantique fait un lien vers votre mémoire imagée.

C’est le cas aussi de ce que vous savez sur vous-même. Ainsi en va-t-il de vos nom, âge, caractéristiques, diplômes, situation de famille, de tout ce que vous savez sur vous.

Cela concerne aussi bien les petites choses (le nom du chat que vous aviez à l’âge de 3 ans) que les plus grandes (cet accident de voiture malencontreux). Si, quand vous y pensez, vous revoyez ces scènes en esprit c’est parce que votre mémoire sémantique fait un lien notamment vers votre mémoire autobiographique et vers votre mémoire imagée.

Ces mémoires fonctionnent de concert mais sont bien distinctes. La preuve : par suite d’une lésion cérébrale, certaines personnes ne peuvent plus rien stocker dans leur mémoire autobiographique mais peuvent tout de même apprendre de nouveaux concepts par exemple.

La mémoire sémantique stocke et met à jour
le sens, les significations

La mémoire sémantique est celle qui a permis à l’Homme de transformer le monde. Pour cela, il lui a fallu conserver des informations et les comprendre afin de pouvoir agir en anticipant l’effet de ses actions.

Cette compréhension résultait d’abord de son expérience. Par exemple remarquer qu’il y des poissons dans les cours d’eau et qu’ils sont comestibles. Petit à petit se constituer un concept de poisson : un animal ayant des caractéristiques physiques constantes ; un animal comestible qui vit dans l’eau…

Le concept de poisson fait exister le poisson dans la mémoire même en son absence. La mémoire sémantique s’est probablement constituée ainsi, petit à petit, sur la mémoire autobiographique des expériences vécues accumulées.

Aujourd’hui cela fonctionne plutôt dans les deux sens. Ainsi j’ai appris ce qu’est un avion avant d’en avoir emprunté un. L’expérience est venue après le savoir. Inversement, j’ai eu un zona avant d’apprendre ce que c’était lors d’une consultation médicale.

Mon expérience a ainsi enrichi mon savoir (sur les avions) et le savoir est venu enrichir mon expérience (du zona). Toutes différentes qu’elles sont, mémoire sémantique et mémoire autobiographique sont en relation constante.

Le domaine d’excellence de la mémoire sémantique c’est de permettre la compréhension et, dans la vie courante, celle-ci est d’ailleurs généralement la synthèse de la connaissance et de l’expérience.

Même si, parfois, la mémoire sémantique travaille quasiment en solo. Par exemple dans les domaines du savoir qui ne permettent pas une expérience vécue.

Ainsi, je ne pourrai jamais éprouver ce qu’a été la prise de la Bastille. Je ne peux pas non plus expérimenter un trou noir ou une équation de physique théorique…

Mais, dans tous les cas, les nouvelles connaissances viennent enrichir les anciennes. La mémoire sémantique les met à jour constamment.

La mémoire sémantique stocke
différentes catégories d’informations

Concrètement, elle stocke par exemple :

• les mots qui désignent des objets
• la connaissance de leur utilité (à quoi ils servent)
• la connaissance de leur utilisation (comment on s’en sert)
• des liens associatifs vers la mémoire imagée (qui contient leurs images)
• des liens associatifs vers d’autres mémoires concernant les sons le goût, le toucher etc…
• les mots qui désignent des concepts ou des choses abstraites, des idées, des connaissances théoriques
• la connaissance de leur histoire, de leur évolution
• la connaissance de leur puissance opérante dans le monde de la réflexion
• la connaissance de leur utilisation dans le monde de l’action
• des liens associatifs vers d’autres mémoires et notamment la mémoire autobiographique

La mémoire sémantique soutient l’intelligence
et se nourrit d’elle

Il n’y a pas besoin d’intelligence pour avoir de la mémoire. On peut très bien avoir un « petit QI » et faire de tête des extractions de racines carrées… Ou encore mémoriser des quantités extraordinaires de choses.

Ces cas laissent penser qu’à son début théorique dans l’humanité, la mémoire n’a pas eu besoin de l’intelligence pour exister. Cependant, il va de soi que la mémoire sémantique et l’intelligence ne peuvent pas, aujourd’hui, se passer l’une de l’autre.

Ainsi votre mémoire sémantique gère le réservoir de données sur lesquelles votre intelligence pourra s’exercer. L’intelligence ne peut absolument pas fonctionner en l’absence de mémoire. Et la mémoire sémantique lui est particulièrement nécessaire pour :

• tirer des conclusions logiques à partir de prémisses mémorisées
• raisonner à partir des données « en stock »
• concevoir de la nouveauté en matière théorique en s’appuyant sur l’insuffisance des acquis
• concevoir de nouveaux objets ou de nouvelles procédures pour résoudre des problèmes qui ne sont pas encore résolus par le savoir accumulé.

La compréhension, indissociable de l’intelligence, est évidemment le produit du travail de l’intelligence sur les données stockées en mémoire sémantique. Et parfois aussi sur l’expérience (la pomme de Newton).

Par ailleurs lorsque l’intelligence analyse et classe des informations, elle les retourne enrichies et classées à la mémoire sémantique. Ces connaissances ordonnées font alors l’objet d’une remémoration plus facile et plus rapide.

Il est possible que la collaboration de l’intelligence et de cette mémoire ait donné à nos ancêtres sapiens un avantage concurrentiel par rapport aux autres souches « humaines » qui ont disparu. La mémoire sémantique a fait l’Homme.

Pourtant, la mémoire sémantique
dépend des autres mémoires

En raison de ses liens étroits avec l’intelligence, on serait tenté de la voir comme la plus importante, la reine de nos mémoires. Pourtant, sans les autres mémoires, elle ferait grise mine.

Reprenons ma connaissance des avions. Si je ne les avais pas expérimentés, je n’aurais en mémoire qu’un concept théorique d’avion. Il en irait de même pour le concept de violoncelle si je n’avais jamais vu et entendu cet instrument.

En l’absence de contribution d’autres mémoires, la mémoire sémantique se réduirait à un répertoire de mots, de significations et de concepts secs, désincarnés et non « éprouvables ». Or, l’être humain ne fonctionne pas ainsi.

En fait, nos mémoires sont interdépendantes et fonctionnent en réseau. C’est ce que la science nous apprend. Il n’y a donc pas lieu d’imaginer la mémoire sémantique en grande prêtresse de la cognition. Pas lieu non plus d’imaginer l’intelligence en chef d’orchestre tout-puissant.

Selon le type d’information, certaines mémoires interviennent et pas d’autres. Celles qui sont sollicitées fonctionnent de concert sans que l’une commande les autres.

Par exemple si vous stockez en mémoire une image, un paysage, par exemple, il est évident que votre mémoire imagée intervient. Mais dans ce paysage il y a des arbres, un moulin, une rivière, des oiseaux. Vous ne pourrez pas vous empêcher de les identifier et donc, de solliciter votre mémoire sémantique.

Et même votre mémoire autobiographique si vous avez un jour canoté sur cette rivière. Alors que votre voisin, qui voit ce paysage pour la première fois n’actionnera pas cette dernière. A moins qu’il n’ait précédemment visité un moulin…

Chaque souvenir est donc le produit d’un ensemble de mémoires à géométrie variable. Cela dépend à la fois du type d’information et de l’expérience des personnes.

La mémoire sémantique contribue à la réserve cognitive.

On appelle réserve cognitive à la fois la quantité de connexions entre vos neurones et la quantité d’actions et de stratégies de mémorisation que vous mettez en œuvre.

Évidemment, les deux sont liées. Plus vous êtes dans les apprentissages et la gestion de choses nouvelles et plus vous augmentez la masse de vos connexions neuronales.

Ce qui nous intéresse ici ce sont les effets de la réserve cognitive. L’un d’eux, c’est que plus vous avez déjà mémorisé d’informations plus il vous est facile d’en mémoriser d’autres.

Par exemple, apprendre une langue étrangère pour la première fois est assez difficile. Mais si vous en connaissez déjà 2 ou 3, vous apprendrez beaucoup plus vite et facilement la suivante.

Autre exemple : si vous avez l’habitude de multiplier les expériences (sports, voyages, centres d’intérêts etc.) chacune d’entre elle est plus facile à gérer que les précédentes.

Un autre effet est la protection contre la dégénérescence cérébrale.

On constate que face à la maladie d’Alzheimer, une bonne réserve cognitive retarde de plusieurs années le déclenchement de la maladie.

Les actifs qui s’intéressent à plein de choses et cultivent leurs relations y sont ainsi beaucoup moins sujets (et plus tardivement) que ceux qui ne s’intéressent pas à grand-chose et relationnent peu.

Or votre réserve cognitive est nourrie par vos mémoires. Vos souvenirs de voyages, de vacances, de travail, de concerts, de discussions entre amis, de lectures, de maladie etc. y contribuent.

Mais deux mémoires semblent particulièrement augmenter votre réserve cognitive : la mémoire sémantique et la mémoire autobiographique. Elles marchent très souvent ensemble.

C’est pourquoi apprendre des choses et en parler à d’autres, ou apprendre des choses en groupe, est souvent considéré comme l’un des meilleurs moyens d’augmenter votre réserve cognitive.

Avec la mémoire sémantique, vous retardez le vieillissement…

Bon, d’accord ça ne vous empêchera pas de vieillir. Avez-vous remarqué ? C’est la seule chose au monde que tous les humains font en même temps !

Cet égalitarisme cache cependant bien des disparités en ce qui concerne le vieillissement cérébral.

Si vous voulez retarder ce dernier, le chapitre précédent vous donne déjà une idée de ce qu’il faut faire : augmenter votre réserve cognitive. Toutefois certaines activités sont plus efficaces que d’autres pour cela. Je vous propose ci-dessous celles que je considère comme les meilleures. Je ne sors pas ça de mon chapeau, c’est fondé sur ce que l’on connait de la mémoire, scientifiquement parlant.

Faites marcher votre tête

Ce que vous pouvez faire:

• Apprendre une langue étrangère. C’est l’activité reine. Déjà, elle vous fait aborder un domaine inconnu. Cela mobilise donc votre intelligence et vos mémoires : par exemple vous devez assimiler l’accent, une syntaxe et des tournures de phrases différentes. Ensuite, chaque expression, chaque mot appris active par résonance leurs équivalents en français. C’est donc une double activation…

• Lire. Revues, journaux ou revues, peu importe. Toutefois la meilleure lecture pour développer la réserve cognitive reste la lecture active. Cela veut dire lire les essais ou les livres pratiques un crayon à la main.

Il s’agit d’annoter, de cocher le plus important. De résumer en 2 lignes chaque chapitre. De résumer en 10 à 15 lignes tout le livre sur la page de garde ou une fiche de lecture. Vous trouverez la méthode dans mon article comment retenir ses lectures. J’y explique aussi comment procéder pour les romans.

• Pratiquer des jeux de société par roulement. Ne faire que des mots croisés n’est pas une bonne idée. En revanche, alterner les mots mêlés, le scrabble, le tarot, le bridge, les mots croisés, les échecs est bien plus efficace.

Chaque jeu mobilise des compétences et des mémoires différentes. Vous pouvez faire des mots mêlés si vous voulez. Mais privilégiez les jeux à plusieurs.

• Etre bavard. Discutez de tout et n’importe quoi avec le plus de personnes possibles. Attention, il ne s’agit pas de tenir le crachoir au détriment des autres. Cela n’enrichira ni votre mémoire sémantique ni votre réserve cognitive.
Il faut écouter et tenter de comprendre leurs points de vue, surtout si vous ne les partagez pas. C’est un exercice plus difficile mais qui implique de multiples zones de votre cerveau.

Faites marcher votre corps

Bon, c’est un peu hors sujet dans un article sur la mémoire sémantique mais j’assume… Il n’y a pas que la mémoire sémantique dans la vie ! Et la réserve cognitive ne se nourrit pas que de sémantique et de compréhension.

L’être humain n’est pas un pur esprit et se nourrit aussi de ce qu’il éprouve par le corps, directement ou « par procuration ». Quelques préconisations:

• Trouvez-vous une activité avec d’autres personnes. Même si ce n’est pas votre tête qu’elle fait marcher. Intégrer un club de marche, de peinture, de théâtre ou de danse fait appel à d’autres compétences et mémoires, notamment la mémoire motrice et la mémoire émotionnelle.

• Laissez-vous aller, lâchez prise, et pratiquez la… relaxation. Et prenez soin de votre sommeil. Ça n’a l’air de rien et pourtant… c’est un des meilleurs moyens de protéger votre mémoire et votre capital cognitif.

• Allez à des spectacles : concert, cirque, danse, meetings aériens, illusionnisme, patinage sur glace, matches sportifs, défilés de mode, régates etc. Cela ne fait pas directement marcher votre corps, Mais cela enrichit vos expériences sensibles.
En effet, même si vous n’éprouvez pas la même chose que ce qu’éprouve un rugbyman, vous ne pouvez pas vous empêcher d’activer les zones cérébrales concernées par les mouvements que vous voyez dans le stade ou sur votre écran. Cette activation est évidemment meilleure si vous pratiquez vous-même le rugby. Mais elle se produit tout de même, certes à moindre intensité, si ce n’est pas le cas. Et cela renforce ou enrichit votre capital de choses éprouvées et non pas seulement sues.

En quoi tout cela retarde-t-il le vieillissement cérébral ?

Notez bien que quand vous faites marcher votre tête, les « liens » avec vos expériences vécues sont fréquentes. Et quand vous faites marcher votre corps, même par procuration, les liens avec vos savoirs le sont tout autant.

Tout cela augmente les connexions entre les neurones. Cela peut vous surprendre mais les connexions se créent « en temps réel » comme on dit dans le jargon moderne.

Cela signifie que ces connexions se font pendant que vous faites une activité physique ou mentale, de façon quasi instantanée. C’est presque incroyable mais ça se voit à l’imagerie cérébrale.

Qu’il s’agisse de faire de tête des calculs auxquels vous n’êtes pas habitué ou d’apprendre à utiliser un clavier de type piano, on voit alors pousser des connexions… Autrement dit, la masse des connexions se densifient. La réserve cognitive augmente.

Mais, est-ce durable ?

Non. On en a fait l’expérience en 2004 avec un groupe de personnes auxquelles on a appris à jongler à 3 balles.
Au bout de 3 mois, on a observé une augmentation de la matière grise. Elle s’est produite dans les régions dédiées au traitement et à la mémorisation des « mouvements visuels complexes ».

Ensuite, ces personnes ont dû arrêter de jongler pendant les trois mois suivants. L’imagerie cérébrale a montré alors que le gain en connexions avait diminué. Donc la réserve cognitive aussi.

On en conclura qu’une activité pratiquée rarement n’aura pas beaucoup d’effet. A contrario une activité constante entretient et renforce la masse de connexions. D’autres expériences montrent que plus la pratique a été longue et plus lente est la diminution des connexions en cas d’arrêt.

Ce qui est vrai pour une expérience physique l’est aussi pour une expérience intellectuelle. Par exemple pour l’apprentissage des langues évoqué plus haut. Mais également pour apprendre à jouer au bridge ou tout autre apprentissage.

On peut donc préconiser ceci :ne jamais cesser d’apprendre du nouveau. Tout en notant que :

• Un apprentissage solidement établi autorise une pratique de moindre intensité sans grande diminution de la réserve cognitive.

• Un apprentissage récent demande des réactivations fréquentes.

• Une rotation des pratiques évite l’hyperspécialisation de la réserve cognitive. Plus vous faites travaillez de zones cérébrales plus votre réserve cognitive est résiliente.

Ces points recoupent ce que vous savez déjà de façon intuitive.

Supposez que vous ayez vécu 20 ans en Mongolie et qu’au retour vous ayez complètement cessé de parler le mongol.

Imaginez maintenant que 10 ans plus tard vous y retourniez. Il vous suffira de quelques jours, au pire quelques semaines, pour réactiver votre savoir de la langue. En d’autres termes, votre gain en connexion a diminué lentement. Il aurait probablement été nul si vous aviez maintenu des contacts épisodiques avec des Mongols.

Imaginez au contraire que vous ayez appris la langue en immersion pendant un séjour de 6 mois seulement. Dix ans plus tard, vous constaterez que vous aurez beaucoup de mal à vous y remettre. Votre gain en connexion a été beaucoup plus important.

Conclusion

Il n’y en a qu’une et le maitre mot est « activité ».

La mémoire sémantique joue un grand rôle dans votre vie. Elle maintient et améliore vos connaissances. Elle soutient votre intelligence et s’en nourrit en retour. Elle contribue au travail en réseau de vos mémoires. Elle contribue grandement à la constitution, à l’entretien et à l’augmentation de votre réserve cognitive.

Mais tout cela a condition d’être active, activée, le plus possible, le plus souvent possible. C’est ce qu’il se passe spontanément quand on est jeune. On vit alors dans les apprentissages permanents. On a un appétit de découverte.

Cela se gâte parfois ensuite. A moins de travailler dans un domaine qui nécessite une curiosité constante, on a tendance à se reposer sur les acquis que l’on répète, le confort de la routine, et l’on se plaint souvent que notre mémoire n’est plus ce qu’elle était.

C’est plutôt notre état d’esprit qui n’est plus ce qu’il était. Retrouver le plaisir de la nouveauté, d’apprendre des choses nouvelles, de pratiquer des choses nouvelles, bref être en activité physique et intellectuelle tout au long de la vie, voilà le graal…

Pour ce qui est de l’activité cognitive, la mémoire sémantique en est le pivot. Il n’y a pas que la mémoire sémantique dans la vie mais elle contribue grandement à la rendre intéressante, non ?

PS : pour en savoir plus et mieux comprendre le contexte

J’ai évoqué diverses mémoires dans cet article. Afin de vous faciliter la compréhension du contexte je vous donne quelques compléments d’information ci-dessous.

D’abord combien avons-nous de mémoire ? Réponse : plusieurs dizaines… Lesquelles ? Aïe ! Ça dépend… des points de vue. Nous avons des zones cérébrales qui correspondent à tel ou tel type de mémorisation. Mais nous organisons aussi les mémoires dans des catégories logiques qui ne correspondent pas à des localisations précises dans le cerveau.

On distingue d’abord :

La mémoire à court terme

C’est celle ou celles qui durent très peu. Par exemple, c’est le cas des mémoires perceptives. Ainsi, la mémoire visuelle ne dure qu’un quart de seconde, la mémoire auditive 2 ou 3 secondes. Mais, la plupart du temps on appelle ainsi la mémoire de travail qui est une mémoire tampon.

Tout ce que l’on perçoit entre d’abord dans la mémoire de travail. Elle a comme particularité de ne durer que 6 à 7 secondes en moyenne. Et aussi d’avoir une capacité limitée à 5 à 10 informations. Lesquelles soit peuvent aller ensuite en mémoire à long terme, soit sont censées s’évanouir.

La mémoire à long terme

On devrait dire les mémoires à long terme. En font partie toutes les mémoires citées dans cet article. La mémoire sémantique, la mémoire autobiographique notamment.

La mémoire sémantique

Je n’en dirai pas plus, cet article lui est consacré.

La mémoire autobiographique

On parle aussi de mémoire épisodique. Pourquoi ? Parce qu’elle stocke l’intégralité des épisodes de notre vie. Elle a la particularité d’être dotée d’une conscience autonoétique.

Cela signifie que lorsque vous vous remémorez ce que vous avez vécu, vous avec la certitude que c’est bien vous qui l’avez vécu et que votre souvenir n’est pas celui d’un film ou d’une lecture.

Par ailleurs vous pouvez naviguer dans ce souvenir en remontant en arrière ou en faisant des arrêts sur image. Cette mémoire peut cependant être trompeuse et se laisser tromper… comme toutes les autres d’ailleurs.

La mémoire explicite.

On la nomme aussi mémoire déclarative. En gros cela concerne les informations en mémoire pouvant être évoqués (déclarés, explicités…) par le langage. C’est en fait une catégorie dans laquelle on classe aussi bien la mémoire sémantique que la mémoire autobiographique. Et d’autres…

La mémoire implicite.

On la nomme parfois mémoire non déclarative. Elle concerne les acquisitions et la mémorisation de compétences motrices, physiques. L’exemple standard est celui de l’apprentissage du vélo. Mais c’est valable aussi pour la conduite automobile, la marche (il a bien fallu apprendre à marcher et mémoriser comment) ou le mâchouillage du chewing-gum.

Elle se caractérise par le fait qu’une fois la compétence établie on ne peut pas expliquer exactement comment cela s’est fait. On a juste le souvenir du résultat.

C’est encore une catégorie. Elle inclut la mémoire procédurale (celle qui vous fait pédaler ou changer de vitesse sans y penser consciemment) mais également l’amorçage et le conditionnement. Ces deux dernières sont très spécifiques et citées pour mémoire car peu pertinente dans le cadre de cet article.

Autres mémoires

Il y a en a bien d’autres, mémoire lexicale, mémoire des visages, mémoire spatiale, apprentissage non associatif, mémoire des lieux, mémoire des formes, mémoire graphique, … Vous trouverez des explications sur ces autres mémoires dans mon article « Combien de mémoire avez-vous ? »

Bonne lecture.

Sommaire
Mémoire sémantique: à quoi sert-elle ?
Titre de l'article
Mémoire sémantique: à quoi sert-elle ?
Description
Mémoire sémantique, un outil indispensable à tous ou truc d'intello ? Et si elle pouvait nous sauver de l'Alzheimer ?
Auteur
Publié par
Le Club Memori