Aujourd’hui, vous ne pouvez pas apprendre le code de la route comme je l’ai appris dans les années 60. Et, c’est tant mieux. Quand je l’ai passée, l’épreuve du code était individuelle. Elle se passait dans la voiture à l’arrêt, après l’épreuve de conduite. Plutôt stressant pour les personnes sensibles, ou si des erreurs avaient été commises au volant quelques minutes plus tôt.
Aujourd’hui, c’est royal. Les QCM vous donnent la bonne réponse parmi d’autres. Or, il est beaucoup plus facile de la reconnaître que de l’extirper de votre mémoire. Et surtout, vous n’êtes pas dans la trainée émotionnelle de l’épreuve de conduite. L’ETG, pardon, « l’Épreuve Théorique Générale » est aujourd’hui totalement séparée de l’épreuve de conduite.
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Bien se préparer
Pour autant, il vaut mieux vous y préparer de la bonne façon. Chaque échec, on le sait, est un facteur de retard qui peut se compter en mois. Mieux vaut réussir du premier coup… Regardons les choses en face : l’anxiété et la peur de l’échec sont des poisons pour la mémoire. Or, beaucoup de personnes sont anxieuses avant cette épreuve et ont peur d’échouer. Est-ce votre cas ?
Par exemple, vous sentez-vous submergé par la densité des règles à mémoriser ? Angoissé à l’idée d’échouer cet examen théorique ? Êtes-vous du genre à réviser en plein stress jusqu’à la dernière minute ? Eh bien, il faut oublier ça. Pour apprendre le code de la route efficacement, il faut bannir ce bachotage ; vous devez plutôt adopter une méthode active qui tire parti de vos erreurs. Même si cela ne suffit pas.
Pour apprendre le code, vous devez surtout vous organiser.
Vous aurez besoin d’un planning de révision. Mais vous profitez aujourd’hui de supports pédagogiques variées et pas seulement du code Rousseau (ou similaire) en version papier, qui était autrefois le seul. Maintenant, il y en a d’autres et cela va vous aider à mieux comprendre les situations. Notez bien, toutefois, que certaines questions sont carrément piégeuses et on se demande parfois pourquoi (voir plus loin) … Il vaut certainement mieux les connaître !
Allez, code de la route, clap de départ…
Bâtir un plan de révision qui tient la route
Oubliez le bachotage, visez la régularité
Il n’y a pas que pour les épreuves académiques qui amènent les gens à bachoter. C’est vrai aussi pour le code de la route ! Et pourtant, le bachotage est une fausse bonne idée si vous voulez apprendre le code de la route sérieusement.
Le bachotage ne permet pas de mémoriser à long terme. En effet, vous ne sortez alors guère de la mémoire à court terme, et ce n’est pas ça dont vous avez besoin. Vous avez surtout besoin de comprendre la raison des règles et de vous y confronter régulièrement sur le papier ou en salle.
Alors les règles coulent de source et leur révision régulière vous font trouver les bonnes réponses de façon quasi réflexe. Compréhension + régularité = remémoration rapide. Vous atteignez alors l’objectif qui est d’ancrer les règles durablement dans votre esprit bien avant l’examen. Elles doivent aussi rester définitivement actives en mémoire après l’examen…
Tenez un rythme concret : deux ou trois fois par semaine, au début, par exemple. Mais certainement une par jour le dernier mois avant l’examen. Pas forcément très longues mais appliquées. La méthode Pomodoro est un excellent exemple pour organiser des sessions courtes et concentrées. C’est-à-dire des sessions de 25 minutes, entrecoupées de pauses de 5 minutes.
Cela n’est pas rigide. Si vous êtes capable de rester concentré pendant 40 minutes, pourquoi pas. Faites alors des pauses de 10 à 15 minutes. Et peu importe l’aspect et la marque du minuteur !
Dans tous les cas, ne tolérez aucune interruption. Mettez votre téléphone en mode avion. Isolez-vous des bruits et des discussions… Il est prouvé en laboratoire que les interruptions et les dérangements sont les pires ennemis de la mémorisation.
Structurer son apprentissage par thèmes
L’ ETG repose sur 10 thématiques officielles. Notez bien que la réforme de 2023 a remis l’accent sur la signalisation et les règles de circulation. Il y aussi de nouvelles questions, posées du point de vue d’autres personnes que le conducteur. Il s’agit toujours du même code de la route, mais se mettre à la place de l’autre, c’est un grand changement.
Quoi qu’il en soit pour une meilleure efficacité, travaillez par séries thématiques successives pour maîtriser chaque sujet avant de passer aux examens blancs. Les études montrent qu’on est plus efficace quand on reste dans le cadre d’une même thématique. Il faut dire que le cerveau classe les informations mémorisées par univers. Pour lui, changer d’univers revient à terminer une tâche et à se préparer à une autre, c’est un peu comme une interruption ou un dérangement.
Par exemple, si vous passez d’une question sur la sécurité à une question sur la réglementation générale, vous changez d’univers. En revanche si vous révisez dans la thématique sécurité uniquement, après chaque question, votre cerveau restera préorienté vers les informations de sécurité. Il n’aura pas à clore un chapitre à peine ouvert pour en ouvrir un autre. Le travail sera plus rapide.
Bien sûr, le jour de l’examen, ce ne sera pas le cas. Vous devrez donc, dans un second temps, (lorsque vous serez « bon » dans les 10 thématiques) réviser en passant d’un univers à un autre. Ce sera la règle au moins pour votre dernier mois de révision. Les examens blancs sont par ailleurs idéaux pour cela.
Pour n‘oublier aucun sujet et mesurer sa progression de manière tangible, avoir un planning structuré est incontournable. Vous devez savoir où vous en êtes dans vos révisions. Sans cette rigueur, vous risquez de faire des impasses coûteuses.
Varier les supports pour ne jamais saturer
Maintenant que le planning est posé, la question est : avec quoi allez-vous travailler ? Soyons clairs, le code papier, même mis à jour, ne suffira pas.
Le trio gagnant : livre, web et auto-école
Miser sur un seul support, alors que vous en avez plusieurs, serait une grosse erreur. Chaque support a ses spécificités. Ainsi, le livre pose la théorie, le web vous entraîne, et l’auto-école apporte le feedback humain. Utiliser les trois, c’est la stratégie gagnante.
Les outils en ligne offrent un volume massif de questions. Il y a plus de 1000 questions possibles pour le code de la route. Avec des corrections immédiates, l’outils en ligne est peut-être bien le meilleur moyen de suivre votre progression.
L’instructeur, lui, débloque les situations tordues et répond aux questions précises que vous vous poserez inévitablement à leur sujet. Il devrait faire mieux qu’un algorithme pour y répondre.
Créer ses propres systèmes de mémorisation
Ne subissez pas les questions passivement. L’apprentissage actif exige de mettre les mains dans le cambouis. Comme les trois mousquetaires, qui étaient quatre, le trio gagnant invite un quatrième : fabriquer vos propres fiches de révision.
Adaptez le format à votre cerveau : « flash cards », schémas, dessins, enregistrement audio, vidéo ou autre. Ce qui compte c’est d’être à l’aise avec votre format. D’une personne à l’autre, les formats préférés seront différents.
Pour avoir une idée, des différents formats possibles, je vous suggère cet article. Vous trouverez votre bonheur au chapitre 2.
Apprendre activement, pas seulement enchaîner les séries
Avoir les bons outils, c’est une chose. Savoir s’en servir intelligemment, c’en est une autre. Il n’y a aucun intérêt à enchaîner intensivement les QCM en apnée, sans réfléchir. Il y a mieux à faire. Par exemple :
Analyser ses erreurs : la véritable clé du progrès dans l’apprentissage du code
Ciblez d’abord uniquement vos erreurs récurrentes. Ensuite vous pourrez vous préoccuper des erreurs statistiquement fréquentes. Puis enfin des fameuses question piégeuses que j’ai évoquées plus haut.
Pour apprendre le code de la route efficacement, oubliez votre score. L’important est de traquer vos faiblesses. Il faut considérer chaque erreur comme une leçon gratuite.
Prenez le temps de comprendre la correction. Saisissez pourquoi vous avez tort, et surtout pourquoi l’autre option l’emporte.
C’est ce processus de compréhension qui transforme une simple faute en une connaissance solide.
Profitez des erreurs des autres.
C’est là qu’interviennent les statistiques. Une recherche rapide sur le Web vous permettra de comprendre quelles sont les erreurs les plus fréquentes. Pour ma part, j’ai déjà noté :
- Lire trop vite la question. En fait il faut lire attentivement. Ne pas confondre « je peux » et « je dois », ni « ralentir » et « freiner ». Prenez le temp de comprendre
- Les questions en deux temps. Le deuxième temps de la question n’est pas toujours lié au premier…
- Ne pas tout regarder dans l’image : il faut notamment prêter attention au marquage au sol, à ce qu’on voit dans le rétroviseur, aux positions respectives des autres véhicules, aux piétons etc. Une situation qui vous parait claire, l’est beaucoup moins quand vous apercevez dans le rétro un véhicule qui va vous dépasser.
- Rester bloqué sur une question : vous devez répondre à 40 questions en 30 minutes (exposés oral des question inclus). Je n’ai jamais connu ce système mais d’après les plateformes consultées vous n’avez que 20 secondes pour choisir votre réponse. Si vous resté scotché dessus vous perdez un point. A priori, il ne semble pas qu’une mauvaise réponse soit éliminatoire au code. Donc, si vous ne savez vraiment pas répondre vous avez une chance de gagner le point en répondant au hasard plutôt qu’abandonner…
- Perdre l’attention dans une vidéo. Les questions en vidéo demandent une grande attention car vous ne pouvez pas les revoir une seconde fois. Observez bien tout.
Connaitre les pièges
Je rajouterai ici quelques questions piégeuses connues et qui risquent de vous coûter un point. Comme vous le savez déjà sans doute, vous n’avez droit qu’à 5 erreurs. Une de trop et il faudra vous réinscrire au code.
Sur une banque de données de plus de 1000 questions, il n’y en a probablement pas plus d’une demi-douzaine à considérer comme étrangement très piégeuses. Je n’ai pas parcouru toute la banque mais quand même, j’ai trouvé quelques pépites… si l’on peut dire !
Exemple 1
Par temps de pluie, les limitations de vitesse sont abaissées à cause :
A- De la diminution de la visibilité
B- De la diminution de l’adhérence
Cet abaissement s’impose à tous les conducteurs
C- Oui
D- Non
D’après media-roole.fr, il y a 84 % d’échec à cette double question… Pourquoi ? D’abord il faut comprendre que les deux réponses A et B sont bonnes. Ce qui n’allait pas de soit avant septembre 2023. Beaucoup de personnes pensaient qu’il fallait faire un choix cornélien entre A et B…
Depuis la réforme, il est obligatoirement indiqué s’il y a « plusieurs » bonnes réponses. Aujourd’hui, avec cet affichage, on sait donc que « plusieurs » réponses sont bonnes. Comme il n’y en a que deux… autant dire qu’on vous souffle carrément qu’il faut répondre A et B. Donc 100 % des candidats devraient donner les bonnes réponses.
Sauf que ce n’est pas fini : il y a la seconde partie de la question. Et là ça semble tellement évident que dans un pays de droit égalitaire comme la France cette règle s’applique à tout le monde… eh bien non ! La bonne réponse est la D. Pourquoi ? Parce que ça ne s’applique pas aux conducteurs novices.
Quoi ?
Ben non, puisque leur vitesse maximale est déjà abaissée. Et que l’abaissement de la limite en cas de pluie est la même que celle dont « bénéficient » déjà les apprentis. Par exemple 110 km/h sur autoroute au lieu de 130 km/h. Donc eux peuvent continuer à rouler à la même vitesse !
Exemple 2
En conduite accompagnée
A- il y a un nombre minimum de KM à parcourir
B- il y a un délai minimum avant de passer le permis
En conduite supervisée
C- il y a un nombre minimum de KM à parcourir
D- il y a un délai minimum avant de passer le permis
Notons tout de suite que le rédacteur devrait retourner à l’école.
Il y apprendrait (peut-être…) que minimum n’est pas un adjectif et qu’il a donc fait 4 fautes en 4 demi-lignes. Il aurait pourtant suffi d’un « minimum de » ou, à la rigueur d’un « nombre minimal de » pour faire plus chic. Franchement, on se demande qui rédige les questions ! L’épreuve technique est une épreuve nationale officielle et il est étonnant de voir ce relâchement dans la rédaction des questions.
À l’école, il apprendrait aussi (peut-être…) que l’abréviation officielle de kilomètre est km et non pas KM. Et deux fautes de plus ! Chapeau l’artiste…
Mais voyons plutôt le fond. Cette fois encore il y a 84 % d’échec à cette question.
En fait, il y a seulement deux bonnes réponses : A et B. En conduite supervisée, au contraire, le moniteur peut apprécier quand le candidat est prêt, quels que soient le nombre de kilomètres parcourus. Et dès lors, il n’y a pas de délai. C’est sans doute bon à savoir, mais pourquoi pénaliser un candidat qui ne le sait pas ? Sera-t-il dangereux sur la route à cause de cette lacune ?
Exemple 3
La palme revient peut-être à une question sur la vignette Crit’Air qui génère un taux d’échec de 87,2 %.
La catégorie de la voiture dépend-elle :
A- du numéro d’immatriculation,
B- de la date de mise en circulation,
C- de la motorisation D- des rejets de CO2 ?
Je ne vous dirai pas les réponses… cherchez un peu ! Mais en quoi la connaissance des bonnes réponses est-elle pertinente pour juger l’aptitude à conduire ?
Bon, d’accord, ça n’est pas le sujet du jour. J’en parlerai quand même à mon chat.
Quoi qu’il en soit, il n’est peut-être pas superflu de faire une lecture exhaustive de la banque de question…
La méthode pour décortiquer chaque question
Pour éviter l’échec, faites un « scan » systématique. La réponse se cache souvent dans un détail ou un mot précis. Ne répondez jamais à l’instinct. Les bonnes réponses étant parfois contre intuitive, je me répète, vous devez toujours passer par la compréhension de la bonne réponse. Comme par exemple, la raison pour laquelle les apprentis sont dispensé de l’abaissement de la vitesse imite par temps de pluie. Une fois que vous avez compris ça, vous ne ferez pas d’erreur.
Voici le « protocole » pour verrouiller votre réussite et éviter les pièges :
- Observer la scène globale : prenez en compte les rétroviseurs, les angles morts, le marquage au sol, la signalisation, la météo, les usagers…
- Lisez la question deux fois : assurez-vous de bien comprendre les mots-clés pour ne pas confonde obligation et possibilité, par exemple.
- Visualiser la situation : avant de valider, imaginez la scène qui s’ensuivra en fonction de la réponse que vous avez choisie. Est-ce tout va bien se passer ?
Sortir le nez des livres : observer la vraie vie
Le code de la route n’est pas abstrait, c’est la réalité. Quand vous êtes passager, observez la circulation et notez les erreurs que font les automobilistes. Vous pouvez aussi le faire quand vous êtes piétons. C’est une sorte de révision active.
En voiture, anticipez les réactions des autres. Anticipez les panneaux que vous voyez au loin en fonction de la réalité du terrain avant de les franchir. C’est facile à faire quand vous n’êtes pas au volant et c’est le pont indispensable entre théorie et pratique. Notez que lorsque vous serez un conducteur aguerri, vous le ferez sans y penser.
Se préparer à l’épreuve finale
Vous avez la méthode, vous analysez vos erreurs. Il est maintenant temps de passer en mode « jour J » et d’anticiper la situation d’examen.
L’examen blanc : votre seul vrai baromètre
Eh oui, rien de tel qu’un examen blanc pour vous faire une idée de ce qui vous attend. À vrai dire, un examen blanc n’est pas une série de questions comme les autres. C’est plutôt une répétition générale pour valider votre capacité à affronter la situation d’examen. C’est pourquoi, il faut le faire en conditions réelles : sans distraction, et en respectant le temps imparti.
Son but est double : apprendre à gérer votre stress et valider votre niveau réel. Vous ne pouvez pas atteindre ces buts lors d’une révision. Vous devez obligatoirement être confronté à des questions auxquelles vous ne vous attendez pas. Vous devez obligatoirement arrêter quand le dernier chrono sera terminé.
Seul l’examen blanc répond à ce cahier des charges. Autant que possible, il faut en faire plusieurs. J’aurais même tendance à dire « le plus possible ». Notez que si on vous laissait une minute au lieu de 20 secondes, vous seriez moins stressé et vous ferez moins d’erreurs. Ce chronométrage strict du temps imparti est stressant en diable. Est-ce volontaire pour vous mettre en condition comme en situation de conduite, dans laquelle vous n’aurez tout au plus que 2 secondes pour prendre une décision ?
Si vous en faites beaucoup, vous aurez mieux apprivoisé le stress. Et quand vous faites régulièrement moins de 5 fautes, vous êtes prêt pour l’examen.
Soyez stratège…
L’examen n’est pas conçu pour être facilement réussi. Certaines questions sont peut-être délibérément difficiles pour tester l’attention aux détails. Dans ce cas, l’inattention provoquera l’erreur.
Faites-vous à l’idée que l’examen final sera plus difficile que l’entraînement. Ce ne sera peut-être pas trop le cas si vous avez fait beaucoup d’examens blancs. Sinon, ce sera vrai. Attendez-vous en effet à des questions auxquelles vous n’avez pas encore été confrontées.
Néanmoins, connaître les erreurs les plus fréquentes et le pourquoi des bonnes réponses contre intuitives est un atout. Cela vous permet d’activer une sorte de « radar » mental le jour de l’épreuve.
Par ailleurs, pensez que la réussite est rarement due à la chance. Il y a une logique dans le fait de réussir ou d’échouer. S’il n’y avait qu’une chose à retenir dans le présent article, c‘est l’importance de la compréhension. On retient toujours plus mal quand on ne comprend pas le pourquoi des choses.
Pensez aussi que toute question peut rapporter un point. Même celles qui ne sont pas liées aux règles de conduite et de circulation. Par exemple l’écoconduite, les premiers secours, ou encore le fonctionnement d’un moteur.
Considérez-les avec la même attention que les autres. Ces thématiques font partie intégrante du corpus d’information à connaître.
En fait le permis de conduire ne se limite pas à certifier que vous savez « conduire » en toute sécurité et que vous connaissez les règles. C’est plus un brevet d’usager de la route au sens très large.
Je vous souhaite bon succès.