Le Club Memori
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En 3 minutes chrono, sans aucun effort de mémoire pour le patient, ce test pourrait prédire la maladie 5 ans avant son déclenchement. Pareille affirmation mérite un article, non ? Commençons par les tests actuels, avant que le Fastball n’arrive (rapidement, pour une fois) sur le marché. Et si vous avez besoin de faire ele point sur la maladie d’Alzheimer, c’est ici.

Le diagnostic actuel de la maladie d’Alzheimer repose sur une structure déjà ancienne. Les neurologue et les neuropsychologues utilisent principalement des tests de performance cognitive, comme le MMSE ou le MoCA. Ils demandent au patient de mémoriser des mots, de dessiner ou de résoudre des problèmes logiques.

Il existe d’autres tests, plus grossiers, utilisables en medecin ou psychologie de ville. Mais ils sont tellement simplets qu’il n’y a fanchement pas besoin du test pour se rendre compte de la dégradation du sujet !

Une expérience personnelle…

Il y a quelques années je suis allé me faire contrôler à la consultation « mémoire » de l’hôpital. A l’époque, pas de Fastball ! J’ai éié reçu par une gériatre (je m’attendais à une neurologue, du coup je me suis senti très vieux…) qui, outre l’anamnèse, a pratiqué ce que j’appelle les tests grossiers. Par exemple lire l’heure sur un cadran, dessiner un carré ou répondre à des question de connaissances générales élémentaires comme les 4 saisons par exemple. Il faut vraiment être déjà « parti » pour ne pas réussir.

Par la suite j’ai eu un autre rendez-vous avec un neuropsychologue. Là, c’était un peu plus pointu. Certains tests m’ont rappelé lest tests de performance intégrés dans la WAIS. Il s’agit d’un test d’intelligence pour adultes que j’ai pratiqué quand j’étais psy…

D’autres tests….

Notez qu’il existe aussi le contrôle par les biomarqueurs en faisant appel à la ponction lombaire et/ou au TEP-scan. Très précis, ils détectent les plaques amyloïdes et la protéine tau. Cependant, ils sont invasifs, extrêmement coûteux et nécessitent des infrastructures hospitalières lourdes, ce qui empêche un dépistage de masse.

Enfin, on parle beaucoup en ce moment des tests sanguins. La recherche est en plein essor, c’est prometteur mais cela ne mesurent que la présence de protéines, pas le fonctionnement réel du cerveau.

  • L’anxiété de performance : Le stress de l’examen peut fausser les résultats. Pour moi non, j’étais en terrain connu. Mais le patient se rend vite compte qu’on « mesure » ses capacités. Pour uen personne anxieuse, c’est comme passer une épreuve du bac ou le code du permis de conduire !
  • Le niveau socio-culturel : Il n’est pas sûr qu’un patient « intello » puisse « compenser » ses pertes de mémoire et réussir certains des tests malgré un cerveau atteint. Mais inversement, un patient moins instruit ou à faible QI poourrait parfois être diagnostiqué à tort.
  • Le facteur temps : Ces tests ne deviennent positifs que lorsque les dommages cérébraux sont déjà avancés et les symptômes visibles.
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Toujours est-il qu’près ces tests j’ai dû passer une IRM cérébrale. Résultat: un rétrecissements des hypocampes et diverses taches blanches sur lesquelles je ne vais pas m’étendre…

Conclusion de l’affaire

Heu… pas très conclusive. « Y’a rien d’inquiétant m’sieur, c’est l’âge ». Par ailleurs, je connais très bien une autre personne qui a suivi le même circuit que moi, mais avec in fine une IRM cérébrale nettement plus déficitaire. D’après elle, on lui a dit… « y’a rien d’inquiétant M’dame, c’est l’âge ». On lui a donné un petit cahier d’exercices à faire…

Aujourd’hui elle est parfois désorientée dans des lieux pourtant familiers, ne sait plus dire si un évènement date d’hier ou de la semaine dernière, oublie souvent où elle range d’habitude ses casseroles ou ses ordonnances médicales. Mais on n’a rien proposé de sérieux pour prévenir cela.


Développé par les chercheurs des universités de Bath et Bristol, notamment le Dr George Stothart et le Dr Liz Coulthard, le Fastball ne demande aucun effort au patient. Il n’a aucune performance à réussir. Il doit juste de regarder des images sur un écran ! Oui, c’est tout. Cela ne veut pas dire que cela ne fais pas travailler son cerveau, mais il ne s’en rend pas compte. Autrement dit, ce n’est pas un test de performance, mais un test de réponse neuronale.

Comment ça marche ?

On utilise la Stimulation Visuelle Périodique Rapide (SSVEP).

  • Le dispositif : Le patient porte un casque EEG léger et regarde un écran où défilent des images à un rythme soutenu (environ 3 images par seconde).
  • La signature électrique : Le cerveau humain synchronise son activité sur la fréquence du stimulus. Lorsqu’une image déjà vue réapparaît, le cerveau déclenche une réponse électrique spécifique. C’est ce qu’on appelle la mémoire de reconnaisance. L’EEG capte alors comme un signal neuronal qui est la sgnature de la reconnaissance.
  • L’analyse objective : Fastball mesure cette réponse via des algorithmes de traitement du signal. Si le signal de reconnaissance est affaibli ou absent, cela indique un dysfonctionnement de la mémoire de reconnaissance, signe précurseur d’Alzheimer, avant même que le patient n’en ait conscience.

Maintenant que le système existe, on se demande pourquoi on n’y a pas pensé plus tôt. Encore eut-il fallu découvrir plus tôt le signal cérébral d’une reconnaissace d’information…


Quels résultats cliniques dans la pratique ?

Les recherches publiées (notamment dans Brain Communications) apportent des preuves plutôt solides sur l’efficacité du système :

  • Détection du stade MCI : Le test excelle à identifier les Troubles Cognitifs Légers (MCI), et plus précisément le MCI amnésique, qui est considéré comme le stade de bascule vers la future démence.
  • Précision : Les études montrent que Fastball est plus sensible que les tests de mémoire verbaux pour prédire le déclin futur. Il permet de « voir » la maladie jusqu’à 5 ans avant les diagnostics traditionnels.
  • Universalité : Puisqu’il ne repose pas sur le langage ou la réflexion, il fonctionne de la même manière pour tous, indépendamment de la langue maternelle, du niveau d’intelligence ou du niveau d’éducation.
  • Supression des biais classiques : le test est aussi « passif » que celui d’un champ visuel chez l’oculiste et ne génère pas d’anxiété de performance. Et quand bien même ce serait le cas, cela ne diminue pas l’eficacité du Fasball.
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J’ai bien l’impression que oui, à tous les points de vue. Considérez ces quelques points :

  • Administrration du test : il ne demande qu’un appareil d’EEG portatf. Le test peut donc se faire à l’hôptal, dans les maisons de santé, en ambulatoire, dans une maison de retraite voire à la maison. C’est déjà une petite révolution. De plus, des essais récents au Royaume Uni confirment que le test est aussi fiable au domicile du patient qu’en milieu hospitalier spécialisé. A priori il n’y aurait eu aucune raison pour que cela fonctionne moins bien « hors les murs » mais vous savez ce que c’est que le Science, on vérifie tout ! Je me suis dit aussi que l’EEG pourrait peut-être même être intégré dans des cabines de consultation à distance. Le casque et le lociciel en développement seront ultra simple à utiliser: on pose le casque sur la tête, on met le test en route et on obtient quelques minutes plus tard l’allumage d’une diode en couleur verte, jaune ou rouge pour le résultat !
  • Rapidité et coût : Le test dure seulement 2 à 5 minutes. Il utilise du matériel EEG assez peu coûteux, ce qui permettrait de l’intégrer dans les bilans de santé annuels dès 60 ans, par exemple, comme un simple test de visuel.
  • L’arrivée de Fastball coïncide avec une nouvelle ère thérapeutique. Certains médicament arrivent enfin sur le marché. Par exemple le lecanemab ou le donanemab, déjà commercialisés aux USA, en Australie, au Japon, mais pas encore en Europe. Ils sont efficaces uniquement s’ils sont administrés au tout début de la maladie. Fastball est l’outil de tri idéal pour identifier ces patients. Pour être complet, ces médicaments ont été recalé en France pour service médical rendu insuffisants. Toutefois le comité scientifique des médicaments pour l’Europe vient de donner son feu vert. A suivre

C’est bien la première fois qu’en matière d’Alzheimer, un produit me parait voué à un avenir radieux…

  • Le Fastball me parait déjà presque abouti. Le projet a reçu un soutien massif de 1,5 million de livres sterling de la part du NIHR (National Institute for Health and Care Research).
  • L’étude clinique actuelle : Plus de 1 000 patients participent à un essai de grande envergure au Southmead Hospital (Bristol) pour valider l’intégration du test dans le système de santé britannique (NHS).
  • L’objectif final : Faire passer le diagnostic d’Alzheimer d’une enquête psychologique subjective + IRM à un examen physique simple, rapide et automatisé.

Cela fait tellement longtemps qu’on nous annonce des avancées de la recherche concernant la maladie d’Alzheimer sans qu’on voie le début d’un soupçon de commencement de thérapeutique effective… C’est bien la première fois qu’on voit arriver en même temps des médicaments et un test qui pourrait sélectionner les personnes qui pourraient en bénéficier.

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C’est presque un rêve pour le sécu ! Sauf que, il est vrai, il y aura problement une augmentation des dépistages. Toutefois, ce sera moins cher qu’une IRM qu’on ne fera plus passer qu’à ceux qui auront fait allumer la diode rouge… La sécu devraait s’y retrouver.

Et puis, en matière d’Alzheimer, il faut aussi intégrer à la réflexion le coût de la maladie et l’effort gigantesque à faire en matière d’établissements spéciallisés en raison du vieillissement de la population. Même si les traitements qui arrivent ne devait avoir qu’un effet modeste, chaque année de recul du déclenchement de la maladie serait déjà un facteur d’économie considérable.

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1. En quoi Fastball est-il différent des tests de mémoire classiques ?

Les tests classiques (comme le MMSE) sont des tests de performance active : vous devez répondre à des questions ou résoudre des problèmes. Fastball est un test de réponse passive : vous regardez simplement des images. Il élimine ainsi les biais liés au stress, au niveau d’études ou à la maîtrise de la langue, car il mesure directement l’activité électrique du cerveau et non votre capacité à formuler une réponse.

2. Le test est-il invasif ?

Evidemment pas du tout. Le patient porte un casque léger muni de capteurs (électrodes) qui enregistrent l’activité naturelle du cerveau (EEG). C’est un processus similaire à celui d’un stéthoscope qui écoute le cœur : le casque « écoute » le cerveau. On n’envoie pas de courant électrique, on capte celui que le cerveau émet quand il reconnait une image déjà vue.

3. Combien de temps dure l’examen ?

C’est l’un des points forts de cette technologie. Le test lui-même dure entre 2 et 5 minutes. En comptant l’installation du casque, la procédure totale prend moins de 10 minutes. A comparer avec un bilan neuropsychologique complet qui demande plusieurs heures au total.

4. Que se passe-t-il si je cligne des yeux ou si je suis distrait ?

Cligner des yeux est natuel. Cela ne vous empêche pas de lire ou de regarder des images. Le rythme de présentation des images (3 par seconde) est calculé pour que le cerveau se synchronise automatiquement. Même si vous n’êtes pas « concentré » au sens propre, votre système visuel traite quand même l’information de manière autonome.

5. Fastball peut-il prédire Alzheimer avant les premiers oublis ?

Oui. Notons que les premières symptômes ne sont pas les oublis mais la désorientation, quoique cela se produise parfois en même temps. Mais un test de désorientation parait difficile à imaginer. Les études montrent que le Fastball peut détecter des anomalies de la mémoire de reconnaissance jusqu’à 5 ans avant que les symptômes ne deviennent visibles lors des tests verbaux. Il permet d’identifier le stade de Trouble Cognitif Léger (MCI), moment critique où une intervention est la plus efficace.

6. Ce test remplace-t-il l’IRM ou la ponction lombaire ?

Il n’est pas fait pour ça. Le Fastball sert de filtre de première ligne. Il permet d’identifier très rapidement les personnes qui présentent un réel risque neurologique. Cela évite d’envoyer inutilement des patients vers des examens lourds Ponction, IRM, TEP-scan) tout en s’assurant que ceux qui en ont besoin soient pris en considération rapidement.

7. Pourquoi le test est-il si important pour les nouveaux médicaments ?

Les nouveaux traitements comme le lecanemab ou le donanemab visent à ralentir la progression de la maladie. Cependant, ils ne fonctionnent que si le cerveau n’est pas encore trop endommagé. Fastball est donc l’outil idéal pour repérer les patients « au bon moment », maximisant ainsi les chances de réussite de ces thérapies.

8. Est-il disponible dès maintenant chez mon médecin traitant ?

Non. Actuellement, le test est en phase de validation finale à grande échelle (notamment au Royaume-Uni avec le financement du NIHR). L’objectif est de le rendre disponible dans les cabinets de médecine générale et les cliniques de la mémoire d’ici 2026-2027, une fois les protocoles cliniques standardisés.

9. Le test fonctionne-t-il pour d’autres formes de démence ?

Bien que les recherches actuelles se concentrent sur la maladie d’Alzheimer, les chercheurs étudient la possibilité d’adapter les stimuli visuels pour détecter d’autres pathologies, comme la démence à corps de Lewy ou la démence fronto-temporale, qui affectent les réseaux de reconnaissance différemment. A suivre, donc.