Aujourd’hui je m’adresse aux lycéens et aux étudiants. Ils représentent 30 à 35 % de mes lecteurs. Mais ça peut quand même intéresser les autres…
Après tout, nous sommes tous allé au collège et même au lycée. Et pour une part notable d’entre nous, en BTS, en fac ou dans une école après bac.
Et, le système étant ce qu’il est, nous savons qu’il y a des tas de choses à mémoriser. Mémoriser ses cours, c’est du boulot et on n’est pas toujours très performant dans ce domaine. Comme beaucoup d’autres, j’en ai su quelque chose au collège et au lycée… Apprendre, réviser, relire et relire encore et encore est le quotidien de l’étudiant.
Apprendre par cœur ne semble pas une solution. Apprendre et retenir rapidement serait le graal. On cherche donc des astuces pour retenir, des techniques de mémorisation, des moyens mnémotechniques… Certains ne jurent que par les cartes mentales, pour d’autres ce sont les répétitions espacées ou les mind maps. Ou bien les fiches de révision, les sketch notes ou les boites de Leiter etc. Bref, on essaye tout ce qui permettrait de mémoriser plus facilement. En général, le succès est mitigé.
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Et si la façon d’apprendre était la clé ?
Cependant, aucun truc, aucune astuce, aucun moyen mnémotechnique n’est polyvalent. Il n’y a aucun truc miracle pour retenir les cours. Et si la solution résidant dans la façon d’apprendre ? Y aurait-il une manière d’apprendre qui pourrait faciliter la remémoration ? Apprendre efficacement, ce serait alors assimiler les cours de façon plus « mémorable ». Il s’agirait alors d’apprendre vos cours de façon organisée pour la remémoration. Si vous n’arrivez pas à retenir, ce serait peut-être parce que votre façon d’apprendre n’est pas bonne.
Si cela est vrai, vous dépasseriez alors le domaine des trucs et astuces. Evidemment, quelques astuces ici ou là pour retenir des informations importantes pourraient vous aider à l’occasion. Vous connaissez d’ailleurs certainement déjà les astuces mnémotechniques les plus populaires dans votre domaine.
Mais ne serait-il pas préférable de bien comprendre les processus de mémorisation pour apprendre vos cours plus efficacement ? Ne vaudrait-il pas mieux arrêter de picorer à droite et à gauche tel ou tel « truc » vite abandonné, au profit d’une méthode de travail utilisée jour après jour ?
« Comment mémoriser ses cours » deviendrait alors, « comment apprendre ses cours de façon plus mémorisable« . On passerait presque de la notion de « méthodes de mémorisation » à la notion de « méthodes pour bien se remémorer »… En mettant plutôt l’accent sur la récupération de l’information.
Eh bien, en fait il est très possible de se fabriquer une une méthode de travail . Car, oui, la manière d’apprendre influence la remémoration et peut amener le cerveau à retenir plus ou moins bien.
Juste un exemple
Pour ne donner qu’un exemple, on sait qu’apprendre par cœur favorise la rétention à cours terme et au mieux au (très) moyen terme. Mais pas la rétention à long terme (1). Cela prouve bien que le type d’apprentissage influence la mémorisation.
Il est certain aussi que la façon de réviser influence tout autant la solidité de la rétention en mémoire. Comme tout au long des cursus scolaire et universitaires, il y a de plus en plus d’informations à apprendre, cela vaut la peine de s’y intéresser de près. C’est le but de cet article.
Note: dans ce blog, je n’ai encore rien dit de moi en dehors de ce qui se trouve dans l’onglet « à propos ». Je vais faire aujourd’hui une exception et commencer par vous raconter comment je me suis trouvé en difficulté et comment j’ai résolu le problème… trop tardivement. Mais quand même ! C’est sans aucun doute cela qui m’a amené à travailler sur le sujet de la mémoire humaine.
(1) Il y a quelques exceptions: par exemple l’apprentissage des tables de multiplication… C’est un pur produit de la répétition jusqu’à ce que ça rentre. Mais ces cas sont rares.
Ma scolarité secondaire a été pénible. Ma mémoire ne suivait pas.
Mon éducation au lycée a été douloureuse. Ma mémoire ne suivait pas. Je n’étais jamais capable de suivre les autres élèves. J’étais toujours en retard, et j’avais l’impression que je n’allais jamais les rattraper.
Etant donné que j’étais premier de classe en primaire, je ne m’attendais vraiment pas à être en difficulté au collège. Et pourtant si ! Je me suis littéralement « traîné » de la 6ème au bac. Abonné aux 10 sur 10 en primaire, j’ai fait ensuite la connaissance des… 10 sur 20. Rarement plus, mais assez souvent moins. Je passais de classe en classe de justesse, avec des moyennes de 9,95…
La chute
En 6ème, je travaillais beaucoup. Mais ça ne donnait pas beaucoup de résultats.
En primaire je comprenais tout, je retenais tout sans avoir besoin de travailler. Une lecture rapide et hop ! c’était réglé. En secondaire je comprenais à peu près tout aussi… mais je ne retenais pas. Il y avait trop de choses et j’avais la tête en vrac. Ma mémoire à long terme ne paraissait pas très fonctionnelle. De toutes les informations à retenir, peu se fixaient dans mon esprit. Et ça a été comme ça jusqu’au bac.
Quand vous voulez apprendre et que vous n’y arrivez pas, c’est assez rageant. Visiblement je n’avais pas les méthodes efficaces pour retenir facilement. Il se faisait sans doute un certain travail de mémorisation quand même. Mais, dans mon souvenir, retenir les informations en géographie par exemple, ou mémoriser les théorèmes de math c’était un calvaire. Les apprendre, cela prenait des heures. En 6ème il n’était pas rare que je travaille jusqu’à minuit.
Et le jour de « l’interro » c’était la Bérézina.
Et pourtant…
Et pourtant… Je me rappelle encore les dictées différées en primaire. L’instituteur nous lisait tout un paragraphe et nous avions interdiction d’écrire avant qu’il ait fini. J’était champion dans cet exercice. Au point qu’au début, il se plantait à côté de moi pour vérifier que j’attendais bien son feu vert pour écrire.
D’une façon générale, je n’avais jamais à faire le moindre effort pour retenir. Mais, comme un bon petit soldat, je faisais quand même sagement mes devoirs, même si ça ne me servait pas à grand chose.
Et voilà, en 6ème je n’arrivais plus à rien. Ca a été un choc. Je me croyais bon, je me suis trouvé nul. C’est seulement beaucoup plus tard que j’ai compris que j’avais eu trop de facilités; que je n’avais jamais appris à apprendre.; que je n’avais presque jamais eu besoin de répéter, à l’exception des tables d’arithmétique. Je n’avais pas l’habitude de travailler pour retenir. Je croyais que ça se faisait tout seul et que ça allait se passer en 6ème comme en primaire.
Erreur.
Pire, j’ai vu des camarades de CM2 moins bien classés que moi me dépasser de plusieurs points ! J’ai compris pus tard que c’étaient des besogneux qui avaient dû faire des efforts en primaire. Pour eux, mémoriser n’allait pas de soi. Ils avaient toujours dû travailler pour y parvenir, ils avaient l’habitude de cet effort.
Un net avantage sur moi. Non seulement parce que je n’avais pas cette habitude, mais aussi parce que j’étais paralysé par l’anxiété permanente de ne pas y arriver. Cette brutale déchéance était en effet pour moi incompréhensible, un vrai cataclysme. Ça a été tellement impactant que ça m’a poursuivi jusqu’au bac.
De plus, à l’époque (ça a beaucoup changé, je l’ai constaté quand mon fils est entré en 6ème) la quantité de de données à ingurgiter était bien deux fois plus importante qu’en CM2 et ça n’arrangeait rien. Bref, j’ai vécu dans l’a peur continuelle de l’échec, que je ne ne voulais pas laisser paraître. Bien plus tard, j’ai appris que l’anxiété est un des pires poisons qui soient pour la mémoire.
La délivrance
J’ai dû attendre l’Université pour y voir plus clair. En Sciences Humaines moins d’heures de cours qu’en secondaire, une respiration bienvenue. Rien à apprendre par cœur, pas de formules, pas de théorèmes…. Du travail personnel d’un autre genre, fondé sur sur des lectures, des recherches et des échanges avec les autres. Anxiété envolée, je me suis trouvé à l’aise dans ces études.
Et, presque un miracle, je suis redevenu aussi bon mémorisateur qu’en primaire ! Ça s’est fait apparemment tout seul. A vrai dire, sans plus comprendre pourquoi que lorsque je suis tombé de haut en entrant en 6ème. Mais dans ce sens là, ça ne me gênait pas !
C’est encore plus tard, j’étais déjà dans la vie active, que j’ai compris que non, ça ne s’était pas fait tout seul. Quand je jette un regard en arrière, je vois bien que les conditions d’apprentissage n’étaient plus les mêmes; et que j’avais mis en place des stratégies. Cette expérience personnelle est à l’origine de mon intérêt jamais démenti pour la mémoire.
A l’époque, il n’y avait pas d’Internet. Alors j’ai beaucoup lu. J’ai lu tout ce que je pouvais sur la mémoire. Cela va de livres (parfois fumeux) sur la question à des articles publiés dans des revues scientifiques à comité de lecture (les plus plus pointues). J’ai très tôt créé des ateliers mémoire (on m’a dit que je les ai inventés). En 20 ans, j’ai écris quatre livres sur le sujet et des articles dans diverses revues. J’ai créé le présent blog, une formation en ligne. C’est de toutes ces expériences très personnelles qu’est né cet article.
Et si je vous ai raconté mon histoire, c’est pour montrer à la fois qu’avoir une « mauvaise mémoire » n’est pas un cas désespéré. Et aussi que certaines situations paralysent la mémoire. Bonne mémoire en primaire et à l’Université, mauvais mémoire en secondaire ? Il y a quelque chose qui cloche non ? Et puis, cette histoire prouve que ça marche beaucoup mieux quand on utilise les bonnes façon de faire. J’y viens.
Mémoriser un cours, ça consiste en quoi ?
Typiquement, mémoriser un cours fait appel à la mémoire sémantique. C’est à dire que vous allez mémoriser ce que vous comprenez.
Certes, vous pouvez toujours retenir une poésie absconse ou apprendre par cœur une partie de cours que vous ne comprenez pas. Mais vous n’irez pas loin avec ça. Vous aurez une mémorisation faible. Vous aurez une rémanence faible de votre « apprentissage ».
Non, pour mémoriser bien il faut comprendre. Vous allez probablement mémoriser quelque chose de cet article. Mais supposez qu’il soit écrit en portugais, en grec ou en farsi… A moins de parler ces langues, vous en mémoriseriez rien du tout.
Toutefois, comprendre ne suffit pas pour retenir ses cours. En primaire je comprenais tout et je retenais tout. Je trouvas tout très facile et je n’avais jamais besoin de travailler, je ne faisait pas le moindre effort d’apprentissage. Ca coulait de source. En secondaire je comprenais presque tout, mais il y avait une masse de choses nouvelles à apprendre. Et comme je n’avais aucune méthode de travail c’était la « cata ».
Les moyens les plus fiables que j’ai pu trouver pour mémoriser et me remémorer un cours datent seulement de mon entrée en fac. Par la suite, quand j’ai vraiment étudié le fonctionnent de la mémoire, je me suis aperçu que j’avais fait ce qu’il fallait. Je ne sais pas si c’était une prescience ou un miraculeux hasard. Mais le fait est là. La liberté de la fac m’a permis d’expérimenter des façons d’apprendre qui, visiblement, ont été couronnées de succès.
Et c’est sur cette base que j’ai fini par mettre au point une méthode de travail pour étudiants. Ci-dessous, je vais vous en donner les 5 principales clés pour la restitution d’un cours pour un examen, par exemple. D’abord à l’écrit, ensuite à l’oral.
Les 5 points à suivre pour bien mémoriser un cours
Ce qui suit est un résumé. Vous trouverez des développement dans d’autres articles de ce blog. La méthode pas à pas fait l’objet d’une formation payante dont je ne parle pas ici parce que ce blog est non marchand.
- 1- vérifiez que le cours suit une logique explicative cohérente. C’est généralement le cas d’un cours écrit. C’est nettement moins vrai d’un cours oral si l’enseignant fait des digressions et des retours en arrière fréquents. Remettez vos notes dans l’ordre. C’est plus facile avec un traitement de texte qu’avec un brouillon écrit…
- 2- formez un groupe de travail. Même si la structure est cohérente, la prise de notes est assez souvent déficitaire… Mieux vaut donc comparer et compléter avec d’autres “scribes”. A la fac (mais c’est valable pour le lycée ou le collège) on s’y mettait à trois ou quatre. Celui qui en avait noté le plus lisait ses notes, les autres notaient ce qui leur manquait et indiquaient au lecteur ce qu’il avait oublié. En procédant ainsi vous activez votre mémoire sociale. On retient toujours mieux ce dont on a parlé avec d’autres personnes. Voyez ici.
- 3- dégagez le structure du cours, délimitez bien les différentes parties. Donnez leur un titre. Dans un cours écrit c’est souvent déjà fait. Pas toujours. Cette opération peut se faire au sein du petit groupe. Dans mon expérience on n’était pas toujours d’accord pour les titres. Mais chacun pouvait choisir le sien.
- 4- faites un résumé de chaque partie. Tout ça peut sembler fastidieux. Mais c’est fou le temps que ça fait gagner ensuite. Il s’agit de sélectionner les informations importantes et d’élaguer le reste.
- 5- ensuite seulement passez à l’apprentissage et… n’apprenez vraiment que les titres et les résumés ! Ne cherchez pas à tout apprendre. Même remarque que ci-dessus : ça fait gagner un temps fou. Mais j’admets volontiers que c’est contre intuitif.
Pourquoi ça marche ?
En fac, en pratiquant ainsi, par rapport au lycée j’ai travaillé moins… Mais j’ai mémorisé mieux. Donc ça marche. Mais pourquoi ?
En fait c’est très compréhensible : il ne sert à rien de vouloir tout apprendre dans le détail tant que vous ne connaissez pas bien la structure et le résumé de chaque partie.
Vous devez donc fabriquer une ossature sur laquelle vont se greffer ensuite les détails.
Quand vous maîtrisez bien votre sujet en titres et résumés, vous pouvez simplement lire alternativement le cours complet et le cours résumé. Alors, les compléments par rapport aux résumés vont s’insérer tout seuls sans effort particulier de votre part. Le résumé provoque automatiquement cet effet. En le lisant les information secondaires vont s’y insérer d’elles-mêmes.
Vous pourriez ne pas le croire si vous n’avez pas l’habitude. Mais essayez, vous verrez. Lisez ensuite le texte complet et vous constaterez que quasiment tout vous est revenu e mémoire à la lecture du résumé (2). Pour ceux et celles qui veulent en savoir plus, le résumé est ce qu’on appelle un plan de récupération. Et il est très efficace pour récupérer les détails que vous avez préalablement élagués.
(2) Sauf, évidemment, si vous êtes rétif à la matière et que vous n’y comprenez rien…
Dans ce dernier cas, j’avais une parade. A l’époque il n’y avait pas d’ordinateur comme aujourd’hui (Comment ? Oui c’était il y a un… certain temps.) mais j’avais commencé à apprendre à taper à la machine. Je tapais tous les résumés de ce qui ne me passionnait pas. Et comme ça, ça rentrait quand même.
Réécrire favorise énormément la mémorisation et la remémoration. Le fait d’écrire a déjà un petit effet sur la mémorisation par rapport à une écoute sans prendre de notes. Mais réécrire améliore la performance de façon incomparable.
Jusqu’où faut-il résumer ?
La réduction de matière peut varier beaucoup d’un cours à l’autre, d’une matière à l’autre, d’un enseignant à un autre. On doit pouvoir diviser par deux un texte un peu rétif à la simplification. Par quatre ou cinq un texte plus standard. Et par plus que ça encore un texte avec beaucoup d’enrobage « littéraire ». Les informations essentielles sont bien moins nombreuses que les informations secondaires. Il est bien plus efficace de se focaliser sur les premières. Les secondes s’y agrégeront sans effort de votre part.
L’exception se niche souvent dans les matières scientifiques. Par exemple, on ne peut pas résumer un théorème ou une démonstration mathématique.
Imaginez que vous deviez faire en 5 à 10 minutes un résumé oral d’un cours d’une heure.
C’est à peu près ce qu’il faut viser. Cela suppose d’enlever le « gras ». Vous devez dégager d’abord la structure et déterminer vos titres. Ensuite extraire l’essentiel pour expliquer de quoi il s’agit sous chaque « titre ».
Cette discipline favorise la mémorisation pour les raisons suivantes :
- Cela vous oblige à « rentrer » dans la matière et à comprendre de quoi il s’agit. Vous activez alors votre mémoire sémantique, celle des mots, de la connaissance, du sens. On retient bien mieux que ce l’on comprend bien. Vous ne sélectionnez que les parties importantes du cours. Vous travailler donc ensuite sur une matière moins dense que vous pouvez mieux assimiler.
- Vous organisez votre connaissance dans un plan qui se déroule logiquement. C’est donc facile à retenir car cela s’appuie sur le fonctionnement associatif naturel de la mémoire. Une chose en amène une autre naturellement.
- Les éléments du plan (les « titres ») forment ce que l’on appelle des indices de rappel, lesquels, comme leur nom l’indique, favorisent le rappel de ce qui y est associé, en l’occurrence les résumés. Ensuite les résumés servent de plan de rappel pour les différentes parties du cours elles-mêmes.
Vous pourriez (presque)vous contenter des résumés…
Si vous avez bien résumé l’essentiel… vous avez-là le « minimum syndical » à connaitre… Cela ne vous fait pas briller à l’examen, mais cela prouve que vous connaissez le sujet. De plus vous vous rappellerez plus longtemps ce que vous avez appris.
Prenons justement le cas d’un examen de contrôle.
Quand bien même vous ne fourniriez que votre résumé bien organisé, vous feriez une prestation honorable. Vous auriez probablement la moyenne. Et ce sera meilleur qu’une prestation mal organisée quand bien même certaines parties seraient recrachées par cœur.
Et si c’est un oral, alors là tant mieux. Il est toujours plus facile de répondre à des questions que de se souvenir d’emblée de tout. Or, l’examinateur vous demandera sans doute des précisions.
Ses questions seront autant d’indices de rappel pour rappeler les compléments à votre résumé. Il est probable que ses questions diminueront au fur et à mesure de votre prestation quand il sera convaincu que vous connaissez la question. Au vu de la qualité de votre exposé synthétique il conclura peut-être que vous avez un sacré talent de vulgarisateur…
Le grand secret est dans la structure et dans le résumé
Comment croyez-vous qu’un conférencier, par exemple, puisse tenir 2 heures sans notes? La structure et les résumés pardi !
Beaucoup d’entre eux projettent un PowerPoint qui reprend les « titres ». Cela vous permet d’anticiper de quoi il va s’agir. Donc une aide pour l’auditoire. Le fait de pourvoir anticiper de quoi il va s’agir crée de l’attention dans l’assistance.
Mais annoncer les titres et sous-titres leur permet aussi de déclencher leur résumé… qu’ils vont d’ailleurs carrément vous déclamer oralement. « Dans ce sous-chapitre nous verrons que… etc ». Et ensuite ils reprennent tout depuis le début en entrant cette fois dans le détail.
Eh bien, vous pouvez faire la même chose à l’oral.
L’oral, c’est le top pour rappeler ce qu’on a mémorisé.
L’oral est souvent mal vécu par les élèves et les étudiants. Il intimide. L’écrit peut vous paraître plus sécurisant. Il est vrai que vous devriez vous en tirer assez bien si vous suivez mes 5 points. Comme je l’ai dit plus haut, rien qu’avec votre suite de résumés bien titrés, vous pourriez avoir la moyenne.
Mais comme vous avez lu le cours entier en alternance avec son résumé (le seul que vous apprenez vraiment je vous le rappelle) vous ferez certainement beaucoup mieux. Vous avez en effet mémorisé sans vous en rendre compte d’autres éléments que vous pourrez restituer. Peut-être pas tous évidemment. Mais vous ferez mieux que la moyenne c’est sûr.
Toutefois, à l’oral vous ferez encore beaucoup mieux. Car, à l’oral, vous avez un avantage considérable sur l’écrit. Vous pouvez restituer les éléments complémentaires qui intéressent votre examinateur…
Voilà ce que je vous suggère. Faites comme le conférencier, annoncez d’abord votre plan. Ensuite déroulez vos résumés. A moins de tomber sur un examinateur hargneux, sadique ou muet… il va vous demander ensuite des précisions.
Excellent !
La nature des demandes va vous orienter vers les compléments qui vont vous revenir aisément. Mais surtout vous répondez alors précisément à ses demandes spécifiques. Vous entamez donc un dialogue avec lui.
Créez une relation avec l’examinateur
Prenons un exemple simplet. Vous êtes interrogé(e) sur la géographie de l’Alaska et le pourcentage de l’étendue des forêts ne figure pas dans votre résumé. A l’écrit ce pourrait être un mauvais point si vous l’oubliez.
A l’oral non. Si cela importe à l’examinateur, il va vous poser la question. Vous avez lu dans le cours complet que c’est 44 % du territoire. Ça s’est greffé tout seul à votre résumé et vous avez la réponse. L’examinateur va voir que vous le savez.
Psychologiquement c’est mieux pour le couple étudiant-examinateur. Parce que vous suscitez une relation, un dialogue. Parce que vous faites bonne impression. L’examinateur comprend que l’omission n’est pas de l’ignorance et que vous aviez fait un exposé condensé.
Et vous, avec ce type d’échange, vous stressez beaucoup moins qu’en voulant tout débiter devant un examinateur réduit au silence… dont vous vous demanderez ensuite comment il vous évalue. Et avec la crainte d’oublier quelque chose.
Donc ne restituez pas tout. Laissez l’examinateur vous poser des questions
Et si ça ne se passait pas comme ça ? Il y a peu de chance que ça se produise. Mais en ce cas, après vos résumés, si votre examinateur reste de marbre, déclarez tranquillement que vous avez fait un résumé et que vous êtes maintenant à sa disposition pour répondre à ses questions.
Le fait qu’il y ait un enjeu dans les oraux (surtout aux examens diplômants) fait que vous avez tendance à les voir sous un angle plus émotionnel que rationnel. Rationnellement, les examinateurs ne sont pas là pour vous enfoncer. Ils sont là pour vous sonder, pour vérifier que vous avez les connaissances demandées.
Ils ne sont pas idiots. Ils se rendent bien compte quand vous recrachez du par cœur sans « habiter » ce que vous dites. C’est seulement dans ces cas-là qu’ils peuvent chercher à vous piéger pour voir si vous comprenez vraiment ce que vous racontez ! Et ils ne font pas ça par sadisme… Ils font leur boulot.
Dans quasiment tous les autres cas, ils préfèrent largement entamer un dialogue avec vous. Il arrive d’ailleurs qu’ils vous donnent eux-mêmes des informations que vous ne connaissez pas. Elles vous permettent de rebondir. Vous n’avez pas ces interactions à l’écrit.
Alors vive l’oral!
Avant de terminer juste un mot. Je fais des recherches sur la mémoire depuis plus de 40 ans. eh bien je n’ai encore pas trouvé beaucoup mieux que les 5 points que je vous ai indiqués ici.
Et même si ce n’est pas encore la période des examens, l’apprentissage des cours, lui, est permanent. Autant le faire de manière efficace… en permanence. Alors, yapuka !
Conclusion
Si vous faites partie de ceux et celles qui ont besoin de comprendre tous les tenants et aboutissants, certaines parties de cet article vous paraitront peut-être pas assez documentés. En effet, je me suis limité à l’essentiel. Le reste est dans le blog, dans d’autres articles. Etant donné qu’on mémorise mieux ce qu’on a trouvé en cherchant que ce qu’on vous a livré tout cuit (si, si), je vous suggère de chercher les informations qui vous manquent dans le blog.
Vous pouvez utiliser pour cela la petite zone de recherche en bleu munie d’une loupe sur fond rouge. Cette zone apparait notamment quand vous êtes dans l’onglet « articles » du blog.
Bonne recherche !