C’est une étude sérieuse de l’Ecole de Médecine de San Diego, en Californie, qui le dit. Ce n’est pas la première fois que je m’appuie sur les recherches des Universités de Californie. Leur niveau est très bon, ceci explique cela.
Article mis à jour le 7 mai 2022
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Qu’est-ce qu’un acide gras trans ?
De leur petit nom AGT, scientifiquement parlant ce sont des acides gras insaturés en hydrogène.. Ou, si vous préférez, partiellement hydrogénés. Alors pourquoi » trans » ? Je ne sais pas… Si vous êtes plus calé que moi, vous pouvez mettre l’explication en commentaire, merci d’avance !
En pratique vous les trouvez dans pas mal de produits alimentaires. Notamment dans la margarine, les viennoiseries, les gâteaux ou la pâte à pizza. Mais aussi dans beaucoup de produits alimentaires comme épaississant, solidifiant ou « agent de texture ».
Ces graisses trans sont régulièrement convoquées au bancs des accusés. Leurs méfaits ? Elles semblent favoriser l’obésité, le diabète et les maladies cardiovasculaires. Entre autres…
Quel est le rapport avec la mémoire ?
Selon une étude de 2015 de l’école de médecine de l’Université de San Diego, on trouve une corrélation entre les apports entre gras trans et perte des mots.
Cela a été mis en évidence de façon assez simple.
D’abord on donne à remplir un questionnaire sur l’alimentation aux participants à l’étude. Ils étaient plus de mille, hommes et femmes confondus. L’analyse des documents a monté une consommation moyenne de près de 28 grammes par jour de gras trans… On est aux Etats Unis !
Ensuite, l’expérience consiste à présenter des listes de mots. Plus tard encore, on présente 104 cartes comportant chacune un mot. La majorité des cartes montre un mot nouveau. Une vingtaine de cartes montre un mot déjà présenté auparavant. On demande aux participants de dire pour chaque mot s’il est nouveau ou s’il avait déjà été présenté. On compte un point par réponse correcte.
Ensuite on regarde si il y a une corrélation entre la consommation d’acide d’AGT (acides gras trans) et la mémoire.
Il y en a une !
En effet, les réponses correctes sont inversement proportionnelles à la consommation de ces graisses ! La perte de score est de 0,75 points par gramme journalier de graisse trans. Avec 4 grammes / jour vous perdez donc 3 point. Avec 28 grammes (la moyenne de l’échantillon) votre score baisserait de 21 points (21 réponses fausses supplémentaires). C’est énorme au regard de la centaine de points possibles.
De quelle mémoire s’agit-il ?
La mémoire testée ici est la mémoire des mots. C’est habituel en laboratoire. Dans la mesure où la cognition est sous-tendue par le langage, c’est correct. Ce qui affecte la mémoire des mots affectera nécessairement la cognition et la mémoire en général.
Plus précisément, on teste ici la mémoire de reconnaissance.(ai-je déjà vu ce mot ou pas ?). Or, c’est une de de vos mémoire les plus solides. Le résultat est d’autant plus impressionnant. Vous pouvez imaginer le pendant de cette expérience en période de révision pour les élèves et les étudiants. « Voyons, j’ai déjà lu ça moi ? Misère, je ne m’en souviens pas… j’ai mangé trop de gras trans ! »
Conclusion: mangez mieux. Je vous en parlais au mois d’août dernier. C’est toujours d’actualité. Cliquez sur le quatrième sous-titre du sommaire pour y arriver directement. Bon appétit !
Une fois de plus un article très intéressant qui nous alerte sur les dangers des graisses utilisées dans les aliments transformés de l’industrie agro-alimentaire.
Rien de mieux pour avoir un cerveau sain et opérationnel que les aliments que dame nature nous donne directement comme les fruits et les légumes…bio de préférence.
Bonjour José,
j’ai l’impression d’avoir gagné un fidèle lecteur…
Merci pour votre commentaire.
Concernant l’étude de San Diego c’était la première fois qu’on pouvait mesurer un effet sur la rétention du vocabulaire et cet effet n’est pas du tout anodin. Pour autant, les média n’ont pas vraiment repris l’information. Je suis tombé dessus avec 3 ans de retard.
Merci André pour cet article qui donne à réfléchir. Je pensais que l’alimentation affectait à la marge nos performances intellectuelles mais l’étude que tu présentes est édifiante.
Bonjour Jean. En général on a tendance à minimiser l’effet de l’alimentation sur la santé du corps et de la cognition. Eviter les graisses insaturées est sûrement plus efficace pour avoir un cerveau en bon état de marche que de manger du poisson… Mais il est très difficile de lutter contre une légende urbaine comme « mangez du poisson, votre cerveau sera au top » parce que c’est une injonction positive. Parallèlement, il est très difficile d’imposer une réalité scientifique lorsqu’elle aboutit à une injonction négative « ne mangez pas… » ou « éviter de manger… ». Malgré tout je dois manger moins d’une pizza par an en moyenne et pratiquement jamais de plats tout prêts (il y a toujours des épaississants ou des « agents de texture » dedans). Je serais curieux de savoir si tu vas changer ton régime alimentaire après lecture de cet article. Bonne journée.
André,
Cela va m’inciter à continuer à me tourner vers une nourriture plus saine. J’étais déjà sensible aux autres arguments santé.
Bonne journée,
Jean
Super, Jean.