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Mnémotechnique, PASS et études de médecine
ont toujours été comme cul et chemise.
Mnémotechnique, PASS, médecine, tout cela marche ensemble. Lorsque je recense les mnémoniques (les « trucs » mnémotechniques) de sont surtout des mnémoniques pour la médecine qui apparaissent. C’est la discipline qui en produit le plus. Pourquoi donc ? Il y a sûrement de bonne raison à cela et vous devirez vous y intéresse.
(article mis à jour le 31 mars 2026)
Tout d’abord, il faut dire que la médecine a traîné longtemps une sale réputation en ce qui concerne la première année. En cause, l’avalanche de connaissances à ingurgiter et la peur de rater le concours où guère plus d’un candidat sur 10 était reçu.
La « première année de médecine » a toujours été une année d’ingurgitation à une telle cadence que la mémoire déclarerait forfait si on ne lui apportait pas du soutien. A moins d’avoir une mémoire plus qu’exceptionnelle… Ou alors utiliser de moyens mnémotechniques. Ceci expliquant cela, les méthodes mnémotechniques ont spontanément fleuri dans cette discipline plus qu’ailleurs.
La réforme de 2010 instituant la « PACES », n’y avait rien changé. Par exemple, il y a encore eu 88% d’échecs au concours en 2017. C’était très loin devant le taux d’échecs des autres disciplines. La réforme de 2021 a quelque peu bouleversé le paysage universitaire. Aujourd’hui cette première année commune a laissé la place au « PASS », le Parcours d’Accès Spécifique Santé qui est devenu la voie d’entrée principale. Et il y a désormais une voie secondaire possible.
Le PASS a-t-il changé la donne ? En 2025 c’est 25 % de réussite. Autrement dit, le taux d’échecs a été ramené à 75 %. C’est beaucoup mieux. Est-ce dû au fait que ce n’est plus vraiment un concours final puisqu’on y a institué des partiels ? Le programme serait-il moins difficile ? Ou bien est-ce dû au fait que la « majeure » ne représente plus la totalité des matières ?
Quoi qu’il en soit, si j’en crois le témoignage des uns et des autres, l’anxiété des étudiants entrant dans cette filière a diminué. Mais pas l’usage des méthodes mnémotechniques. Même si la mémoire des étudiant n’est plus autant gavée jusqu’à l’apoplexie, les « moyens » mnémotechniques restent toujours utilisés. Je parlerais d’ailleurs de « moyens » plus que de « méthodes » car ce sont souvent de petits moyens spécifiques, adaptés au cas par cas.
Même si certains étudiants (rares) témoignent d’avoir utilisé des méthodes génériques (loci, tables de rappel etc.), la plupart emploie plutôt des moyens spécifiques. C’est un peu la logique de « mais ou et donc or ni car » de l’école primaire… à chaque problème sa solution ! Quoi qu’il en soit, mnémotechnique et PASS restent encore indissociables.

Image par Parker West (Pixabay)
Petit florilège de mnémoniques des études de santé
Mnémoniques simples…
La mnémotechnique appliquée à la PACES et en médecine à proprement parler est donc toujours spécifique. Pour autant, elle peut donner des idées pour d’autres disciplines. En la matière, l’inventivité est reine. Je dis d’ailleurs souvent (et je l’écris aussi) qu’il faut se former à inventer ses propres mnémoniques. C’est la meilleur façon de s’aguerrir, de prendre l’habitude de trouver des « trucs » pour mémoriser.
Cela étant, si les générations précédentes ont déjà fabriqué des mnémoniques qui vous conviennent, il n’est pas nécessaire de réinventer la rouie. Voici donc quelques exemple de moyens mnémotechniques trouvés au fil du temps par les étudiants en médecine. Commençons par des choses simples…
Une formule magique…
Pour les os du carpe, SCAPITRILU, HACATRATRA ! Une formule incantatoire ? Non, mais scaphoïde, pisciforme, triquetrum, lunatum et Hamatum, capitatum, trapézoïde, trapèze…
Cette formule utilise ce que l’on appelle des indices de rappel. On dit aussi indices de récupération. C’est la même chose. Un indice de rappel, c’est une information facile a retenir (ou déjà bien connue) qui permet de rappeler des informations difficiles à retenir ou mal connues. Ici les indices de récupération sont les premières syllabes de chaque noms à retenir: sca pour scaphoïde, par exemple.
La formule « magique » SCAPITRILU HACATRATRA ne dispense pas de connaître d’abord le nom de ces os. Mais elle est nettement plus facile à apprendre par cœur que la liste des os. La quasi-totalité des formules mnémotechniques utilisées en PASS sont de cette sorte. Et, même par la suite, dans les années supérieures de médecine ce genre de formules reste dominant.
Une phrase clé…
Plutôt qu’une formule, voici une phrase clé qui figurait autrefois dans manuels de révision. Oh oui mon poêle, tu m’as fait aussi grelotter pendant six grands hivers ! Tout ça pour les 12 paires de nerfs crâniens : olfactifs, optiques, Moteur oculaire commun, pathétiques, Trijumeau, moteur oculaire externe, Faciaux, Auditifs, Glosso-pharyngiens, Pneumogastriques, Spinaux, Grand hypoglosse…
La liste ainsi traitée est plus longue que des os du carpe. Il fallait un peu plus de révision initiale pour que la mnémonique fonctionne bien.
Mnémoniques moins simples…
Ci-dessus, l’indice de rappel est réduit à sa plus simple expression: la première lettre du nom de chaque nerf. C’est moins efficace que la première syllabe mais ça dépanne. Seulement voilà, les nomenclatures changent… Cette mnémonique est assez ancienne et ces nerfs ont changé de nom !
Il faut compter désormais avec les nerfs: Olfactifs, Optiques, Oculomoteur, Trochléaire, Trijumeau, Abducens, Faciaux, Vestibulo-cochléaires, Glosso-pharingiens, Vagues, Accessoires et Hypoglosse… Ces nouvelles appellations sont moins simples qu’avant. Ou, si vous préférez, elles sont plus compliquées. Question de point de vue !
Des phrases clés enrichies…
Qu’à cela ne tienne, on s’est adapté ! Voici maintenant : Olaf opte ouvertement pour le troquet tribal mais Abdel, face au vestibule, glousse vaguement en accédant à l’hippodrome. Les noms sont trop compliqués pour qu' »on puisse faire une phrase clé dans laquelle chaque mot commencerait par la première syllabe de chaque nom. Mais on arrive quand même à caser parfois une syllabe ou même deux. Finalement, c’est un peu mieux que l’ancienne mnémonique !
Un peu moins simple aussi, parce qu’en anglais : some angry lady figured out post menopausal syndrom. Ça, c’est pour les artères collatérales de la carotide externe. C’est-à-dire, dans le bon ordre, Superior thyroidal, Ascending pharyngeal, Lingual, Facial, Occipital, Posterior auricular, Maxillary, Superficial temporal. Mais vous êtes censé devenir bilingue, non ? Enfin, rien de vous empêche faire une mnémonique pour ces artères en français… Quoi qu’il en soit, dans tous les pays on utilise des mnémoniques.
Certaines peuvent paraître assez longues. En voici une que j’ai trouvée sur l’Internet : si un glacier super infidèle est honteux d’avoir perforé le rectum et élevé l’anus d’un cuisinier pourtant consentant, un curé fera un jugement impartial en oubliant l’inacceptable.
Cela pour les rameaux du plexus sacré : sciatique; glutéal supérieur et inférieur; honteux; piriforme; rectal supérieur ; élévateur de l’anus; cutané postérieur de la cuisse; carré fémoral et jumeau inférieur; obturateur interne.
Je ne sais pas si c’est beaucoup utilisé avec succès mais si vous connaissez cette mnémonique cela vous permet au moins de vérifier si vous n’avez rien oublié !
En médecine, en PASS ou plus tard,
la mnémotechnie est inventée par les étudiants
Que les études de médecines soient, parmi toutes les disciplines, les plus génératrices et utilisatrices de moyens mnémotechniques, cela ne fait aucun doute. Et pas que pour le PASS. C’est vrai jusqu’à la fin du cursus universitaire. Il existe d’ailleurs plusieurs livres consacré à ces moyens. Par exemple « 1000 moyens mnémotechniques pour l’ECN » ou encore cet autre, parmi une bonne douzaine.
Ils ont tous une dizaine d’années mais la mnémotechnique varie peu. Ils sont utiles de la première année des études de santé jusqu’à l’Internat. Incidemment, Is sont le fruits de l’inventivité de génération d’étudiants pendant plus d’un siècle. L’histoire de la mnémotechnie appliquée aux études médicales reste à faire !
C’est très spécifique à cette discipline. En ce qui me concerne, pendant mes études de psychologie et de psychopathologie, par exemple, j’ai rarement utilisé la mnémotechnie. Et d’ailleurs il n’existe aucun livre ou mémento sur la question. L’étude du fonctionnement cognitif, par exemple, n’en a pas besoin. Elle fait appel à la compréhension fine de processus qui s’enchaînent logiquement et, quand on connait le premier, les autres viennent assez naturellement à l’esprit.
On n’a donc pas de formules à apprendre comme en électricité ou en chimie, ou de nomenclatures comme en médecine. Les stages d’application ne nécessitent pas non plus de faire appel à de tels moyens. La pression anxiogène des études de santé n’y a pas cours. Certains secteurs sont donc épargnés par la nécessité de faire de la mémorisation massive.
Néanmoins, il existe bel et bien des disciplines ou la mnémotechnique, à défaut être aussi incontournable qu’en PASS, reste tout à fait utile. Cependant, il faut garder à l’esprit que la mnémotechnie n’est valable que si la mémorisation devient plus simple avec que sans… Il ne faut pas que ce soit une usine à gaz. Il faut raison garder.
Un dernier mot
Et surtout, il ne faut pas hésiter à inventer vos mnémoniques. Il se peut, en effet, que les moyens existants ne vous satisfassent pas. Il se peut aussi qu’il n’en existe pas encore. Dans tous ces cas-là, inventez ! C’est une bonne discipline, qui est par elle-même, un « booster » de mémoire. Plus vous travaillerez à chercher une mnémonique, plus vous mémoriserez les informations qui en sont l’objet. Et plus le rappel sera facile.
Soyez créatifs et n’ayez pas peu du ridicule ! Le ridicule, en la matière facilite plutôt la mémorisation et la remémoration…

Je trouve cette méthode d’apprentissage très efficace pour pouvoir maîtriser rapidement mes leçons.
Merci pour votre témoignage. Excellente fin d’année !
Bonjour André,
Pas si évident d’apprendre des phrases mnémotechniques.
Le mieux c’est encore d’inventer son histoire personnelle drôle qui nous parle.
Un véritable exercice d’entrainement pour les neurones.
J’aime bien la longueur de cet article que je trouve suffisante.
C’est vrai que si tu traites des sujets complexes, mieux vaut faire pas trop long.
A moins que tu ne veuilles rédiger une encyclopédie 🙂 !
A bientôt 🙂
Bonjour Hélène. Oui, c’est vrai, j’ai tendance à faire long… D’un autre côté quand je fais court, c’est du survol. Ensuite tout dépends de ce que cherche les gens: survoler ou approfondir ? Les personnes qui se sont inscrites à ma liste jusqu’à présent semblent avoir apprécié les articles de fond. Mais peut-être que ceux qui ne s’inscrivent pas auraient préféré plus court, va savoir ! Les phrases clés ne sont pas évidentes à retenir mais, dans le cas de la médecine, je t’assure que c’est bien plus facile que d’apprendre des listes d’os, d’organes ou de processus telles quelles. C’est le principe de « mais ou et donc Ornicar ? » appliqué à la médecine… Dans ce cas précis c’est un liste de 7 points. En médecine c’est une multitude de listes et il est rare qu’il y ait moins d’une douzaine de points pour chacune. C’est pourquoi les étudiants en médecine sont devenus les champions de ce genre de mnémoniques.
Merci pour ton commentaire.
PS pour l’encyclopédie, ça sera dans une autre vie. Je te signale quand même que mon ami Vincent Delourmel (illusionniste et mnémoniste)a monté (depuis 2017) un projet « une encyclopédie dans la tête », mais là il s’agit de la mémoriser. Si ça te tente…
Heureux du retour de « l’artiste ».
Vos articles sont remarquables et très instructifs.
Merci pour votre engagement à nous aider à améliorer notre capacité mémorielle.
En ce qui concerne votre choix de rédiger des articles plus courts j’adhère totalement au principe.
Nous sommes tous très occupé et la lecture d’un article plus court rentre mieux dans nos créneaux d’emploi du temps.
C’est un avis personnel, je ne sais pas ce qu’en pensent les autres lecteurs.
A eux de s’exprimer sur ce sujet.
Bien à vous.
José
L’artiste ? Je ne m’étais pas vu sous ce jour-là… Toujours est-il que je manque un peu de temps pour des articles plus long mais ça en me satisfait pas trop de faire court. En fait les lecteurs seront juges, effectivement. Je poserai la question à ma liste d’inscrit prochainement et je me plierai à la demande… Merci pour ce commentaire positif, le deuxième d’ailleurs. Je vois que vous êtes un lecteur assidu… Bien à vous.