Le Club Memori
Pour ceux qui veulent comprendre, maintenir et améliorer leur mémoire.
Vulgarisation scientifique, méthodes, trucs et astuces pour bien mémoriser.

VULGARISATION SCIENTIFIQUE

Les secrets de la mémoire

Dans un autre article  “Est-ce qu’on perd la mémoire quand on perd ses neurones?” il était question d’un mode d’emploi de la mémoire. Alors, la mémoire comment ça marche ? Eh bien c’est le sujet du présent article.

Aujourd’hui, en effet, je vais donc vous détailler le processus de mémorisation. En simplifiant un peu quand même. Mais ce que vous devez avoir en tête c’est ceci : la mémoire ce n’est PAS se rappeler de quelque chose.

Pas du tout !

Alors c’est quoi?

Eh bien, la mémoire est une chaîne complète d’opérations. Pour vous aider à comprendre, je vous propose d’abord une  définition :

La mémoire est la faculté de percevoir des choses très diverses (événements, lieux, noms, pensées, émotions, itinéraires, mots, listes, catégories, mouvements du corps, savoir-faire, jugements, connaissances générales etc.), de stocker et traiter ces informations, de les consolider et de les rappeler à la conscience ou dans l’action en cas de besoin.

Vous trouverez sans doute d’autres définitions, mais celle-ci c’est la mienne…

La mémoire est une chaîne…

Pour fonctionner ainsi, votre mémoire met en œuvre : — des capteurs : œil, oreille, peau, etc. qui sont à l’origine de vos perceptions sensorielles — des transmetteurs : fibres nerveuses qui acheminent ces informations à votre cerveau; — des aires de stockage : cellules cérébrales et synapses qui conservent les informations — un mécanisme de traitement, de classement, d’intégration et de consolidation des informations — un mécanisme de rappel.

Dans tous les cas, vous voyez que le rappel arrive en bout de chaîne. Il pourrait presque apparaitre comme la cinquième roue du carrosse… si ce n’est que, sans le rappel, la mémoire ne servirait pas à grand-chose.

A tout cela il faut ajouter la perception de vos propres pensées, idées ou raisonnements. Car nous ne percevons pas que les informations apportées par nos capteurs. Il s’agit là de perceptions externes. Mais nous percevons aussi les informations que nous créons nous-mêmes par la pensée. Ce sont des perceptions internes. Ces deux types de perceptions alimentent votre chaîne mnésique.

avec des maillons…

Si vous trouvez une solution à un problème vous êtes conscient de votre création. Et cette information (la solution) peut être mémorisée. Il en est de même de la perception de vos dispositions relationnelles. Si vous en voulez à quelqu’un, par exemple, vous pouvez le percevoir. C’est aussi une perception, mais qui ne passe pas par le canal sensoriel (capteurs).

C’est pourquoi je parle parfois de perception externe (ce que j’ai senti ou entendu par exemple) et de perception interne (ce que j’ai pensé, imaginé, résolu mentalement par exemple). Toutefois, pour simplifier, je parlerai généralement de perception, au sens très large.

Maintenant résumons.

Lors d’un événement quelconque, vos capteurs produisent des « influx nerveux » qui sont transportés par les fibres nerveuses jusqu’à votre cerveau où les informations sont stockées, traitées, et classées en attendant un éventuel rappel. La mémoire, c’est l’ensemble de toutes ces opérations. Et non pas seulement le rappel.

… qui peuvent faiblir

Quand vous savez cela, vous voyez les choses autrement. Si vous avez des « problèmes de mémoire » ce n’est pas forcément parce que vous ne vous rappelez pas. Il se peut aussi bien que vous n’ayez pas bien perçu, transmis, stocké ou intégré l’information.

Vous pouvez avoir une défaillance à n’importe quel maillon de la chaîne.

En bout de ligne, le rappel est un bouc émissaire tout désigné. Vous ne vous rappelez-pas ? Ni une ni deux : c’est le rappel qui est censé ne pas bien fonctionner. Pourtant, dans la majorité des cas le rappel n’y est pour rien.

Détaillons un peu les étapes successives de la mémorisation.

1 : Sans perceptions pas de mémoire

Vos perceptions, nous l’avons vu plus haut, sont à la base de votre mémoire. Chez l’Homme, il n’y a pas de mémoire sans perception.

L’expérience démontre que tous nos sens fournissent des matériaux à nos processus de mémorisation. Cependant, certains prennent plus d’importance que d’autres dans l’élaboration du souvenir. Par exemple la vue, l’ouïe et la kinesthésie, c’est-à-dire la sensation que l’on a de son corps et de ses gestes.

Pour en parler, on évoque la mémoire visuelle, la mémoire auditive et la mémoire motrice.

Naturellement, on pourrait tout aussi bien parler de mémoire gustative, olfactive ou tactile. Mais pour la plupart d’entre nous, le sens du goût, de l’odorat ou du toucher intervient peu dans la formation des souvenirs. Mais c’est tout de même le cas si vous êtes cuisinier, parfumeur ou simplement aveugle.

Cela dit, chez certaines personnes prédomine aussi un certain type de comportement. Pour mieux se souvenir du mode d’emploi d’un appareil par exemple, certains préfèrent le lire. D’autres préfèrent voir une vidéo de démonstration. Certains préfèrent écouter quelqu’un qui sait déjà, d’autres vont voir à l’usage par essais et erreurs.

Vous allez enregistrer les informations en fonction de votre type de fonctionnement. Si vous êtes musicien, par exemple, il est probable que vous prêterez plus d’attention aux sons. Si vous êtes photographe vous percevrez en priorité ce que vous soyez. Si vous êtes aveugle, vous percevrez en priorité ce que vous entendez, ce que vous sentez et ce que vous touchez.

Ainsi vous vous jugerez plutôt visuel, kinesthésique, ou auditif, par exemple.. J’ai mis au point, dans les années 80, un petit test toujours valable qui vous permettra de vérifier comment vous percevez le monde. Je vais vous le proposer prochainement.

Quoi qu’il en soit l’état de vos capteurs conditionne la qualité de vos perceptions. Un déficit visuel ou auditif, par exemple, peut très bien être à l’origine de défaillances de mémorisation. Personnellement je comprends mal ce qu’on m’explique si je n’ai pas mes lunettes…Dans ce cas-là je mémorise mal. Pour en avoir parlé à d’autres porteurs de lunettes, je peux vous dire que c’est assez général.

2 Sans transmission pas de mémoire

L’influx nerveux part des capteurs et parvient à votre cerveau par l’intermédiaire des cellules nerveuses qu’on appelle les neurones.

L’influx chemine d’un neurone à l’autre par des axones et des « synapses ». Les axones sont des fibres nerveuses projetées par les neurones comme un fraisier projette ses stolons. Les synapses sont les jonctions, les « branchements » des neurones entre eux par axones interposés.

On pense rarement à la qualité de la transmission. Pourtant c’est l’essence même du travail du cerveau. Cette petite masse de neurones est un gigantesque carrefour de circuits nerveux. Ça ne pèse guère plus d’un kilo, mais tout ce qui détermine votre vie passe par là. Et c’est là qu’aboutissent les influx nerveux en provenance de vos capteurs sensoriels. C’est là que s’élaborent vos pensées.

Le cerveau a des voies de communication permanente avec l’intégralité de notre corps, mais aussi de notre psychisme. Si la transmission est défaillante c’est l’ensemble qui peut en pâtir et pas seulement la mémoire.

Qu’est-ce qui peut avoir un impact négatif sur la transmission ? Il y a essentiellement deux grandes catégories de causes possibles. Tout d’abord les désordres ou les carences alimentaires. Ensuite, les neurotoxiques et assimilés.

Ne vous attendez donc pas à avoir une bonne mémoire si vous avez une alimentation carencée, si vous fumez beaucoup, si vous appréciez trop l’alcool ou si vous respirez des solvants au travail…

3 Sans stockage pas de mémoire

A priori ça se passe dans le cerveau. Où ça ? Ça dépend…. On peut désormais examiner un cerveau en action avec des techniques modernes d’imagerie. Mais cela ne nous donne pas de réponse simple. Ce qui est sûr c’est que vous n’avez pas une zone spécifique pour stocker tous vos souvenirs.

On sait en effet que lorsqu’il s’agit de sémantique c’est plutôt telle zone qui est concernée. Que pour vos apprentissages gestuels c’est une autre. Et encore une autre pour les images etc. Et que presque tout ce qui concerne la mémoire passe par la zone des hippocampes.

L’imagerie permet de « voir passer » l’influx nerveux lors d’une expérience de mémorisation ou de rappel. Les circuits ne sont pas les mêmes selon les tâches.

Ainsi les automatismes passent par le cervelet. Mais pas que. Les évènements semblent activer les lobes temporaux. Mais pas que. Les habitudes plutôt les noyaux gris centraux. Mais pas que. Etc. En revanche les informations spatiales ne semblent concerner que l’hippocampe.

Les chercheurs subodorent que les informations sont plutôt fragmentées et réparties le long de différents circuits. On pensait autrefois que c’était dans les neurones même. Aujourd’hui on imagine plutôt le stockage sous forme d’une empreinte électrochimique dans des réseaux de neurones.

De ce fait, les causes de dysfonctionnement du stockage sont probablement, peu ou prou les mêmes que pour la transmission. L’hygiène de vie a beaucoup plus d’importance qu’on ne l’imagine pour avoir un bon fonctionnement cérébral. On peut toutefois rajouter ou donner une mention particulière au métabolisme du calcium et du glucose et à l’oxygénation cérébrale.

4 Sans intégration et consolidation pas de mémoire

Intégration et consolidation, ce n’est pas tout à fait la même chose mais c’est complémentaire.

L’intégration

Les informations perçues et transmises ne sont pas stockées isolément. Elles sont généralement mises en rapport avec d’autres informations déjà présentes dans votre bibliothèque cérébrale.

Plus il y a déjà d’informations en relation avec la nouvelle venue plus celle-ci sera intégrée dans un ensemble cohérent. Plus il y a d’informations déjà là, plus il y aura de voies d’accès à l’information nouvelles.

Et la multiplication des voies c’est la multiplication des possibilités de rappel.

Il est difficile de dire aujourd’hui si les informations nouvelles sont d’abord stockées isolement puis mises en relations avec les informations préexistantes ensuite. Ou si, au contraire, l’information nouvelle est immédiatement disséminée en fonction des informations déjà là.

Mais ce qui est sûr c’est que le cerveau, et la mémoire en particulier, fonctionne énormément par comparaison, par association. Et, ça tombe bien, les associations facilitent le rappel.

La consolidation

Le rappel est aussi facilité par a consolidation. C’est quoi au juste ? Ça dépend… des auteurs. Pour certains c’est juste le processus de répétition pour passer une information de la mémoire à court terme à la mémoire à long terme. Pour d’autres c’est un processus permanent de réorganisation de la mémoire à long terme. C’est le sens que je lui donne. Et c’est un très gros morceau du processus.

Pour comprendre il faut savoir que ce que vous percevez est provisoirement stocké dans la mémoire à court terme. Comme son nom l’indique elle est très fugace. Selon les personnes entre 10 et 30 secondes de rémanence. Au-delà l’information s’évapore… Sauf si vous voulez la retenir.

En ce cas vous allez peut-être vous la répéter mentalement. C’est le cas typique nu numéro de téléphone qu’on vous donne pendant que vous cherchez votre smartphone pour le noter. Mais vous n’avez pas pour objectif de retenir longtemps cette information.

Une fois le numéro enregistré… vous l’oubliez, la mémoire à court terme passe à autre chose, une information chasse l’autre.

Ou bien vous allez vouloir mémoriser l’information en relation avec des informations que vous avez déjà. C’est le cas typique du cours ou de la conférence. Dans ce cas, vous avez une intention de mémoriser à long terme. Le résultat sera différent: vous faites alors passer l’information de la mémoire à court terme à la mémoire à long terme.

Cette dernière est en quelque sorte votre mémoire « longue conservation ». Mais l’information que vous venez d’y loger n’y reste pas passive comme un livre dans une bibliothèque.

Un processus de consolidation est à l’œuvre tous les jours de votre vie. Et même, et peut-être surtout, toutes les nuits. Il s’agit d’échanges entre les régions où sont stockées les informations et une région du cerveau qu’on appelle l’hippocampe. Ce dernier aurait la capacité de réactiver les circuits mnésiques.

La consolidation des informations et la régénération de l’hippocampe 

Imaginez que le stockage des informations se fasse sous forme d’une bibliothèque d’e-books. Mais dont l’encre électronique aurait tendance à pâlir au fil du temps. Eh bien l’hippocampe donnerait alors régulièrement un coup de jus au système pour raviver le contraste.

C’est un peu ça mais pas seulement.

Les circuits mnésiques ne sont pas constants. Certains neurones meurent. D’autres doivent les remplacer. On sait aujourd’hui que des neurones tout neuf sont produit dans le cerveau et migrent dans l’hippocampe. Ce dernier se régénère donc en permanence et stabilise en permanence de nouveaux circuits.

Cette zone est la plaque tournante obligée de tous les processus de mémorisation. Cette régénération permanente vous garantit donc un fonctionnement stable des processus de mémorisation malgré la géométrie variable du substrat physique de la mémoire. Il faut savoir, en effet, que vous n’avez aujourd’hui plus aucun neurone d’origine dans cette région du cerveau !

Cet hippocampe toujours jeune (même si vous êtes vieux…) est d’une importance capitale pour différents processus.

Dont la mémorisation.

Vous savez aussi que la mémoire procède beaucoup par association. Or toutes les informations destinées à figurer dans la mémoire à long terme passent par l’hippocampe. C’est une vraie plaque tournante. Il n’y a donc pas mieux placé que lui pour relier une information à une autre. Il est donc probable que l’hippocampe, notamment lors de son activité nocturne, établisse de nouvelles connexions entre des circuits mnésiques qui semblent apparentés.

La consolidation par l’usage

En sus de tout cela je donne un autre sens à la consolidation. J’appelle cela la consolidation par l’usage. C’est facile à comprendre. Si vous avez besoin de la même information de façon répétée, elle se présentera plus vite à votre esprit la dixième fois que la première fois. Et au bout d’un certain temps cela sera instantané, automatique.

On a découvert récemment que lorsqu’on utilise souvent un même circuit neuronal, ce dernier conserve un potentiel électrique après usage. Il reste sous tension. Un peu comme un matériel qui, en cas d’utilisation fréquente, resterait en veille au lieu de s’éteindre complètement.

Les expériences montrent que le circuit neuronal « en veille » décharge son potentiel au quart de tour lorsqu’il est de nouveau sollicité. Tous les neurones du circuit sont quasiment synchronisés, comme une file de voitures qui démarreraient ensemble quand le feu passe au vert.

Cela se superpose parfaitement à l’accélération du rappel évoquée plus haut en cas d’utilisation fréquente d’une information mémorisée. Cela colle aussi parfaitement avec l’expérience bien connu du « traitement par lots ». Elle démontre que l’apprentissage est plus efficace quand on traite à la file des données apparentées. Parce que, dans ce cas, on utilise des circuits neuronaux qui ont un tronc commun qui reste en veille.

J’ai été long sur ce chapitre mais il y a une bonne raison pour cela. Il est probable que l’intégration et la consolidation sont au cœur de la machine mémorielle. La réorganisation, la réactivation permanente et l’usage rafraîchissent et maintiennent en vie vos souvenirs. C’est la partie active et vivante de la mémoire.

Qu’est ce qui pourrait bien perturber ces processus? En gros la même chose que pour le stockage initial. Après tout, intégration et consolidation c’est le stockage en mouvement si j’ose dire.

5 Sans rappel pas de mémoire

C’est ce que, à tort, la plupart des gens appelle la mémoire. Disons que c’est le canal de sortie des informations dont on a besoin. Sauf qu’elles ne sortent pas toujours d’elles-mêmes. Il faut souvent aller les chercher.

Certes il arrive assez fréquemment qu’un souvenir semble subitement se présenter à notre conscience. Sans qu’on ait fait quoi que ce soit pour. Par exemple vous voyez passer une ambulance et cela vous rappelle que vous devez visiter quelqu’un à l’hôpital tout à l’heure. C’est une association d’idées qui a valeur de rappel.

Mais il arrive encore plus souvent que vous avez besoin de vous rappeler de quelque chose. Et quelquefois ça ne « sort » pas. C’est là, en général, que vous vous posez des questions sur votre mémoire. Surtout si cela vous arrive souvent.

Vous n’avez pas forcément tort. Mais si il y a des perturbations dans les 4 premiers processus, cela ne sert à rien de vouloir améliorer le rappel. C’est comme un cautère sur une jambe de bois…

Le rappel par association et catégorisation

C’est un processus qui fonctionne selon plusieurs modes. Entre autre l’association ou la catégorisation par exemple.

Vous avez besoin d’aspirine, vous pensez par association « armoire à pharmacie » et vous vous souvenez qu’elle se trouve là. Vous voulez acheter des cerises au supermarché, vous pensez au rayon fruits et légumes. Cela fait 2 catégories mais vous vous souvenez qu’elles sont en limite du bazar et de l’alimentaire et vous vous rappelez où chercher.

Autrement dit vous procédez par indices. Sans surprise on appelle cela des indices de rappel. On dit aussi « indice de récupération ». Quelquefois l’indice colle à la chose recherchée. Ainsi les cerises : ce sont des fruits donc ça se trouve dans les fruits et légumes et ce rayon est au milieu du magasin.

Autre exemple où avez-vous déjà vu ce monsieur avec cette cicatrice sur le front ? Tiens, ses lunettes vous disent quelque chose…Ah oui c’était dans la nouvelle collection de montures mais où ça déjà ? Ah ça y est ! Vous avez accompagné votre sœur qui vous demandait son avis pour changer de monture. C’était la semaine dernière quand vous lui avez rendu visite à Epinal. C’est là que vous avez vu ce monsieur qui, lui aussi choisissait une monture…

D’indice en indice vous retrouvez l’information. L’exemple en question est toutefois celui d’un rappel plutôt difficile. Si je vous demande où sont les champignons bio dans le magasin ce sera plus facile. D’abord parce que vous connaissez les lieux, ensuite parce que vous situez le rayon bio entre les légumes ordinaire et le rayon fromage.

Il en sera de même si je vous demande quel président de la république a succédé à Valéry Giscard d’Estaing. Parce que vous le situez dans une série. Parce que vous savez pour qui vous avez voté lors de cette élection. Vous étiez suffisamment impliqué pour vous rappeler des principaux candidats.

Supposez maintenant que je vous demande de mémoriser les mots suivants : Pomme, vélo, skis, raisin, bateau, chemise, prune, avion, jupe, locomotive, anorak, chapeau, fraise, banane, écharpe. Vous aurez peut-être du mal.

Sauf si, au moment de mémoriser, vous avez remarqué que vous pouviez les regroupez en trois catégories qui sont autant d’indices de rappel: fruits, mode de locomotion et vêtements. En les mémorisant par catégories, le rappel sera bien plus complet.

Il existe aussi bien d’autres types d’indices

Certains sont purement contextuels. Par exemple vous lisez une recette de cuisine alors que vous êtes justement dans votre cuisine. Il y a une odeur de chocolat dans cette pièce. Un peu plus tard vous n’arrivez pas à vous remémorer la recette pour la donner à une amie venue en visite.

Vous retournez à la cuisine où l’odeur du chocolat plane encore. Et la recette vous revient avant même d’avoir ouvert votre livre de recettes… Le lieu et l’odeur ont fait office d’indices de rappel.

Vous voyez à travers ces exemples que les indices de rappel peuvent être de différentes natures. L’expérience montre que plus il y en a, dans différents registres, plus vous augmentez les chances d’un bon rappel.

A moins qu’il n’y ait qu’un seul indice mais quasi indestructible. Que faisiez-vous lorsque vous avez appris l’attentat contre les tours jumelles e New York ? La plupart des gens s’en souviennent sans avoir besoin d’un autre indice. Les plus âgés d’entre nous se rappellent aussi parfaitement où ils étaient et ce qu’ils faisaient lorsqu’ils ont appris l’assassinat de John Kennedy. Pourquoi ? Parce que cela a suscité chez nous une forte émotion.

Les émotions sont en effet très efficaces pour favoriser le rappel.

Il en est de même que les perceptions renforcées par une forte motivation, de même que les images mentales (voir mon article « Comment l’homme préhistorique mémorisait-il ? ») etc. Bien d’autres choses encore favorisent en effet le rappel : la concentration au moment de la mémorisation, la consolidation, les répétitions espacées, les procédés mnémotechniques…

Le nec plus ultra, quand vous avez une forte intention de mémoriser quelque chose, c’est de prévoir des indices. Par exemple en classant votre liste de course par catégories. En faisant une liste de mots clés pour retenir un cours. Si vous devez donner une conférence, vous favoriserez le rappel en la construisant comme une histoire à raconter. Avec un fil conducteur.

Etc.

Pour favoriser le rappel, vous devez donc agir en amont.

Une grande partie des articles à venir traitera des actions à mener en amont pour favoriser le rappel. Je vous montrerai comment vous concentrer, comment consolider, comment utiliser des indices de rappel etc.

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