Le Club Memori
Pour ceux qui veulent comprendre, maintenir et améliorer leur mémoire.
Vulgarisation scientifique, méthodes, trucs et astuces pour bien mémoriser.

Cet article n’est pas de moi, c’est le second article invité depuis un an.Aujourd’hui, l’auteur est Valentin, présentement étudiant en psychologie, un futur collègue pour moi donc. Il a la tête sur les épaules mais il ne lui semble pas que ce soit le cas du système éducatif. Je pense effectivement que ce dernier a quelquefois la tête sous les épaules, enfin lorsqu’il marche sur la tête.

Mais c’est un autre débat et n’allez pas imaginer que vous allez lire un article négativiste. Au contraire, Valentin est optimiste et veut prendre une part active dans le changement du système scolaire et universitaire. En attendant qu’il change (le système), il propose aux étudiants, de façon réaliste, à s’améliorer eux-mêmes. Et vous pouvez vraiment améliorer votre mémorisation, en évitant les 9 erreurs qu’il a répertoriées.

Allez, je lui laisse la parole.

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“Quand on veut, on peut…”

Vous avez probablement déjà entendu maintes et maintes fois cette devise sortie de son contexte. Oui, vouloir est nécessaire. Mais ça n’est pas suffisant, il faut savoir comment faire pour réussir. Parfois c’est difficile de trouver la solution, parfois non.

J’ai une mauvaise nouvelle, il est très probable que vous n’ayez jamais appris à l’École comment travailler efficacement. Si bien que, depuis des années, vous vous y prenez mal, échouez là où vous devriez réussir. Et vous pensez que c’est de votre faute.

Ça l’est peut-être un peu en effet, du moins ça le sera après la lecture de cet article. Car la faute revient en premier lieu au système qui n’a jamais trouvé bon de vous enseigner les bases de l’apprentissage. Il est le premier à blâmer.

C’est dans cette optique que j’ai créé Marginal Sup. Je souhaite, à travers ce blog, participer activement au changement des systèmes scolaires et universitaires en faisant qu’il s’adapte aux étudiants (et non l’inverse) et propose un enseignement efficace et attractif.

Je m’appelle Valentin Rozé et ceci sera ma contribution à ce changement absolument nécessaire.

Aujourd’hui, à travers ce blog je veux enseigner aux étudiants à utiliser correctement leurs capacités de mémorisation à travers différentes techniques et stratégies. Car oui, il n’est pas trop tard pour apprendre à apprendre.

J’ai donc aussi une bonne nouvelle.

J’ai listé dans cet article les 9 erreurs que je considère comme les plus pénalisantes dans l’apprentissage. Peut-être que le passage au niveau supérieur ne tient qu’à l’une d’entre elles. Vous avez alors tout intérêt à ne pas la commettre.

Voici la liste !

1. Négliger la compréhension

  •  L’importance de la compréhension

Tout le monde a déjà fait l’erreur de croire qu’il pouvait mémoriser efficacement sans comprendre. Par exemple, qui a déjà appris par cœur un poème sans en saisir le sens ? Tout le monde a déjà fait ça durant ses jeunes années, parce que ça paraissait plus rapide, plus simple.

Tout le monde avait tort.

Comprendre un concept est à la base même de la mémorisation, dont le processus ne consiste qu’à créer des liens solides avec les informations déjà acquises. Comment relier un concept que l’on ne comprend pas ?

La mémorisation s’effectue en 3 phases majeures:

  •  La phase de compréhension, pour que l’information passe de la mémoire à court terme (la mémoire de travail) vers une mémoire plus « moyen-terme ». Autrement dit, l’information est prête à être mémorisée.
  •  La phase d’intégration, qui consiste ni plus ni moins à faire entrer l’information dans « la mémoire à long-terme » (vous en avez plusieurs et la frontière entre l’une ou l’autre est parfois très flou). C’est à ce moment que les techniques de mémorisation sont les plus utiles, car elles permettent de faciliter grandement cette phase (que la plupart des étudiants ne prennent pas le temps de réaliser).
  • La phase de consolidation, dont le but est de maintenir l’information dans la mémoire à long terme afin que celle-ci ne soit pas naturellement oubliée. L’extrême importance des révisions provient de cette phase, car sans révision, l’information s’enfuit (le mot « retenir » prend d’ailleurs tout son sens dans cette phase).

Comprendre est primordial.

► Comment faire ?

Généralement, cette erreur est une question de perception. Ne pas comprendre est davantage un choix qu’une réelle incapacité.

D’abord, vous devez vous mettre en tête qu’il est plus important de comprendre que de « gagner du temps », car c’est par la compréhension que vous économiserez réellement des heures. Privilégiez la compréhension à la quantité d’information « ingurgitée ». Ne prenez pas le risque (très probable) de faire un rejet. Une information comprise est une information qui nécessitera moins de révision.

Ensuite, vous pouvez vous faire aider d’un professeur, d’un camarade ou d’un moteur de recherche. Peu importe le sujet. Vous trouverez toujours des informations complémentaires et des pédagogies différentes qui vous permettront sûrement de mieux saisir l’information.

2. Lire passivement

  •  Pourquoi c’est une erreur ? (pyramide apprentissage)

Avez-vous déjà vécu l’expérience suivante : vous lisez tranquillement un livre. Peu importe le genre littéraire mais, au bout d’un certain temps, vous vous perdez dans vos pensées. Cependant, vous continuez de lire, vous le savez car vos yeux continuent de se déplacer le long des pages que vous continuez à tourner.

Puis soudain : retour à la conscience. Vous vous rendez compte que vous ne comprenez pas les liens des mots sous vos yeux avec le reste du récit, et cherchez donc à vous remémorer des dernières pages lues.

Black-out. Impossible de vous en souvenir. Je vous présente la lecture passive et la raison de son inefficacité :

(Mention spéciale pour les cours magistraux)

Voyez à quel point notre système scolaire/universitaire repose sur de bonnes bases…

Apprendre par la lecture passive, c’est se distancer de l’activité en cours. Puisque vous pouvez « lire sans lire », vous devez aussi focaliser votre attention sur les textes.

► Comment faire ?

  • L’implication, le meilleur moyen d’apprendre

Sur cette pyramide, vous pouvez aussi constater que les meilleurs moyens d’apprendre sont des activités qui vous impliquent (ce que je dis, ce que je fais, ce que je transmets). Alors comment passer de lecture passive à lecture active.

Si vous lisez un roman, je ne peux que vous conseiller de lire ce qui vous plaît. Mais pour tout autre support, prenez des notes. Dans un coin de la page, au dos de la feuille polycopiée, sur un carnet. Vous devez passer en mode « recherche et synthèse d’informations », car simplement en changeant votre perception de l’activité, vous en retiendrez bien plus.

Aussi, essayez de créer des liens avec les concepts que vous maîtrisez déjà ou avec les activités dans lesquelles vous pourriez appliquer ce que vous apprenez. Le cerveau humain est d’abord fait pour percevoir et comprendre le concret, or, des mots sur un bout de papier, ça ne l’est pas tant que ça. L’écriture n’est d’ailleurs qu’une succession de symboles que vous devez traduire en idées et émotions. Alors rendez cette traduction la plus concrète possible.

3. Être un copiste

  • L’erreur de l’apprentissage kinesthésique

Profil d’apprentissage auditif, visuel ou kinesthésique, vous en avez probablement déjà entendu parler. Sachez déjà que seul 5% de la population est kinesthésique (65% visuel et 30% auditif).

Outre le fait que pour beaucoup de personnes, ce mode d’apprentissage n’est pas adéquat, il est en plus mal compris, notamment en cours. Combien de personnes recopient mot pour mot ce que le professeur dit ou ce qui est affiché au tableau ? Ces personnes deviennent d’ailleurs des « as du clavier » puisqu’elles participent à une course continuelle contre-la-montre.

Mais recopier ne vous aide en rien à comprendre et mémoriser efficacement. L’apprentissage kinesthésique signifie être « physiquement actif », soit imiter, toucher, dessiner, agir. Mais écrire en continu sur un clavier n’est pas efficace.

  • Une fausse implication

De plus, recopier en continu revient à se méprendre au niveau de sa propre implication dans l’apprentissage. Si vous pensez être impliqués simplement par l’activité d’écriture, vous vous trompez. L’implication est d’abord mentale.

Recopier sans faire attention au sens des mots, des explications, revient à lire passivement. Vous pouvez très facilement être distrait, penser à autre chose tout en gardant vos mains actives.

De plus, cela vous permet de procrastiner la compréhension. « Puisque je prends tout en note, je pourrai y revenir plus tard ». Évidemment, il est mentalement moins fatiguant de se contenter d’écrire que d’écrire et comprendre le cours. Mais le seul résultat est une perte de temps. Car, que vous soyez actifs ou non en cours, vous y passerez le même temps. Par contre celui consacré à l’approfondissement et aux révisions sera moindre si vous étiez actifs.

  • Un mauvais objet de concentration

Parfois, vous êtes même parfaitement en dehors du cours. Le professeur parle ou avance trop vite, les diapos défilent trop rapidement ou sont trop chargées, il n’y a pas de pause pendant le cours, … Tous ces éléments vous incitent à vous concentrer davantage sur votre vitesse d’écriture que sur la qualité de votre compréhension.

Vous pouvez passer 2 heures en cours, avoir tout noté et n’avoir rien compris. C’est pour ça qu’il est extrêmement important de remédier à ce problème.

► Comment y remédier ?

La solution n’a rien de magique, il faut prendre des notes, mais de vraies notes, soit synthétiser l’information et la retranscrire sous forme de mots clés et de schémas afin de faciliter la compréhension et les révisions.

Une prise de note efficace vous permet justement de vous détacher de votre support et de focaliser votre attention sur les liens logiques entre les concepts, sur le contexte du cours (important pour l’une de vos mémoires à long terme : la mémoire épisodique), …

Plus vous serez « présents » pendant le cours, mieux vous retiendrez.

4. La standardisation

  • Une erreur de structuration

C’est une pratique à laquelle se livrent de nombreux étudiants (pas le beer-pong) : faire des fiches. Bien que la méthode soit efficace (car elle vous force à synthétiser et reformuler vos cours), il y a une erreur que commet quasiment tout le monde : créer des fiches jumelles.

Cette erreur est d’ailleurs valable aussi pour vos cours.

Il existe un principe général très important pour votre mémoire : ce qui est unique marque l’esprit. Par conséquent, ce qui est banal s’oublie. Or, vos fiches et vos cours n’ont-ils pas tous la même apparence ?

Titre en rouge, police 42, en gras
Parties en rouge, police 32, en gras
Sous-parties en rouge, police 12, en gras
Contenu des paragraphes en noir, police 12
Mots importants en noir et gras, police 12

Que ce soit sur ordinateur ou sur feuilles, standardiser ses cours est l’une des meilleures manières de les rendre oubliables.

►Comment y remédier ?

Il est pourtant assez simple de les différencier un minimum. Changer la couleur de l’écriture, varier la police (sur pc), dessiner autour du contenu, passer de format portrait à paysage, écrire de la main faible (je déconne), raconter une petite histoire contextuelle au début, …

Donnez un peu de vie à vos cours et vos fiches, vous vous remercierez.

Le contexte est en effet très important pour votre mémoire. D’ailleurs, petit conseil au passage, cette notion de standardisation est aussi valable durant vos révisions. Pourquoi tout réviser au même endroit, assis sur la même chaise devant le même bureau alors que vous pourriez vous balader (ou simplement aller dans le canapé) ? Il suffit de définir un contexte particulier pour tel cours ou telle matière et il vous suffira de l’imaginer lorsque vous devrez mobiliser vos connaissances pour un examen.

5. Confondre matière et professeur

  • Pas toujours une erreur…

En parlant de professeur, entamons une partie délicate. D’abord, sachez que la majorité des professeurs sont des personnes parfaitement respectables, exerçant leurs métiers par passion et qui souffrent tout autant que les étudiants de par les règles qui leurs sont imposées. Je les défendrai toujours car ce sont eux qui sont à la base d’une société humaine fonctionnelle.

Cependant, ce sont des humains comme vous et moi, et les relations sociales sont particulièrement fragiles et complexes. Il y a des professeurs que vous adorez, d’autres que vous détestez. Comment faire ?

Confondre professeur et matière n’est pas toujours une erreur, car cela peut être très bénéfique ou catastrophique, vous devez apprendre à différencier les situations (ce qui est relativement facile).

Avez-vous déjà eu un professeur qui vous a fait aimer sa matière alors que vous la détestiez ? Ceci est un bon cas de confusion, lorsque la relation professeur-élève vous tire vers le haut, lorsque le professeur vous motive à vous dépasser.

Par-dessus tout, si le professeur vous procure un sentiment de fierté, faites qu’il devienne votre mentor. C’est un sentiment très fort que de vouloir réussir non pas que pour soi mais aussi pour autrui, cela vous donne une force immense. Il est vrai que beaucoup de personnes vous disent « Travaille pour toi, pas pour les autres », mais c’est généralement un conseil donné lorsque votre entourage est néfaste, or si celui-ci vous est bénéfique, il n’y a rien de mal à travailler pour autrui.

Le problème est que cet entourage ne vous poussera pas constamment vers le haut, comme certaines relations professeur-élève. C’est là que vous devez faire la part des choses : le professeur n’est pas l’incarnation de sa matière. Typiquement, les mathématiques sont intéressantes sans Madame Du Maurier.

► Comment faire lorsqu’on n’aime pas le professeur ?

Faire preuve de détachement. C’est la clé. Faire la différence entre le discours intellectuel du professeur et vos propres émotions. Les gens intéressants sont parfois insupportables. Aussi, une personne que vous détestez n’a pas forcément de mauvaises méthodes. Vous devez le reconnaître et faire preuve de sagesse.

Étudiez pour vous, pour vos propres intérêts, approfondissez auprès d’autres professeurs ou d’autres sources. Distancez-vous si possible pour ne côtoyer que la partie intellectuelle de cette personne qui vous exaspère tant.

6. Être toujours d’accord, même si vous avez tort

  • S’opposer est un devoir

Ce n’est pas non plus parce que vous appréciez un professeur que celui-ci a toujours raison (c’est quelque chose dont j’aurai aimé me rendre compte bien avant). Même si le discours de l’intervenant fait sens, cherchez les failles, cherchez les potentielles erreurs, demandez-vous où vous êtes en désaccord.

S’opposer est un devoir. En terme d’approfondissement, car cela permet d’apporter au cours de nouveaux éléments intellectuels auxquels le professeur n’avait pas forcément pensé, mais aussi en terme de mémorisation, car cela permet de créer des souvenirs marquants.

  • S’opposer est mémorable

Pour vous comme pour les autres, l’opposition débouche sur un débat (plus ou moins long), lui-même porteur d’un contexte particulièrement mémorable. Souvenez-vous, l’implication est le meilleur moyen d’apprendre.

Vous vous souviendrez longtemps de cette opposition, donc même si vous avez tort, les explications que vous fournira le professeur pour le démontrer resteront gravées dans votre tête. Et les autres aussi s’en souviendront, vous leur filez un petit coup de pouce.

► Comment trouver le courage de contredire ?

Le problème, c’est que personne n’aime avoir tort, encore moins en public. Comment faire ?

Encore une question de perception. De quoi avez-vous peur ?

  • De vous tromper ? C’est le but, peu importe que votre réponse soit correcte ou non, vous ne ferez qu’améliorer votre compréhension du cours. Plus on se trompe, plus on s’améliore.
  •  Des moqueries ? C’est à cela que l’on reconnaît les personnes intellectuellement immatures (bon, il y a d’autres critères c’est vrai, mais celui-là est marquant). Les personnes qui se moquent ne font qu’exprimer un besoin d’autosatisfaction et/ou de reconnaissance auprès d’autrui. Autrement dit, elles n’ont que peu confiance en elles. Et vous qui vous êtes publiquement opposé, vous leur renvoyez dans la face l’image peu flatteuse qu’elles ont d’elles-mêmes. Sentez-vous rassurés, les personnes qui rient sont celles qui ont le plus besoin d’aide. De plus, elles vous remercieront intérieurement car elles se souviendront, elles aussi, des explications du professeur de par votre intervention.
  • De rougir, pâlir, vous décomposer, bégayer…? C’est peut-être facile à dire mais c’est en vous mettant « en danger » que vous agrandirez le nombre de situations dans lesquelles vous vous sentez à l’aise. Si vraiment vous trouvez cela impossible, notez votre question et allez la poser seul à votre professeur après le cours.

Et si vous n’avez rien à dire mais souhaitez de plus amples explications ?

Demandez simplement de réexpliquer, les propos de votre professeur vous seront adressés en priorité, impossible d’en détourner son attention, ce serait irrespectueux. Ayez le courage de demander des explications supplémentaires, vous vous remercierez (ainsi que toutes les personnes qui ne comprenaient pas en silence).

7. Refuser d’aider les autres

  • Travailler toujours seul ?

Les autres étudiants peuvent vous ralentir, c’est vrai, mais simplement s’ils vous incitent à sortir d’une session de travail. En revanche, s’ils demandent de l’aide, des conseils, c’est pour vous une opportunité.

Il existe une loi de l’enseignement connue et pratiquée depuis l’Antiquité (et même sûrement avant) : la règle des 3 tiers. Le principe est simple, vous devez diviser votre temps d’étude en 3 parties équivalentes :

  • Passer du temps avec vos professeurs
  • Passer du temps seul ou avec vos pairs
  • Passer du temps avec vos élèves

La raison est simple, discuter, pratiquer et enseigner sont les 3 meilleures manières d’apprendre et de mémoriser. En plus de créer des souvenirs mémorables de vos sessions d’apprentissage, enseigner vous permet de réaliser un exercice mental particulièrement efficace : synthétiser et rendre intelligible.

Là où la majorité du temps, vous ne devez que synthétiser, cette fois vous devez aussi simplifier. Or, Einstein le disait aussi, comprendre un concept c’est être capable de le transmettre le plus simplement possible.

Cet exercice ne vous fait pas perdre de temps, aider les autres ne vous fait pas perdre de temps, au contraire, vous en gagnerez sur le long-terme.

► Comment travailler ensemble ?

Il existe plusieurs moyens. Évidemment, il est peu probable que vous ayez des élèves à qui transmettre vos acquis. C’est pour cela que vous devez transmettre à vos pairs (qui pourront aussi vous transmettre en retour si c’est vous qui n’avez pas compris). Vos pairs et vous devenez tour à tour élève et professeur de l’autre.

Vous pouvez :

  • Travailler en groupe dans une salle permettant de discuter
  • Faire des sessions « question », chacun prépare des questions sur un concept qu’il ne maîtrise pas afin de les poser au groupe, qui répondra
  • Vous tester par binôme. Préparez des questions sur la matière que vous maîtrisez le mieux et posez-les à votre partenaire, qui aura aussi préparé ses questions sur sa matière de prédilection. Donc ne faites pas ça avec quelqu’un ayant les mêmes facilités.
  • Faire du soutien, mais auprès d’étudiants de la même classe ou promo, cela vous force à synthétiser et simplifier vos cours pendant que vous y assistez, car vous savez que vous devrez les enseigner peu de temps après.

8. Ne pas affûter votre hache

  • Pourquoi c’est une erreur ?

Si vous pensez qu’apprendre à apprendre, apprendre à mémoriser, à se concentrer, en somme se former, est une perte de temps que vous pourriez consacrer simplement à vos études, vous vous mettez le doigt dans l’œil.

C’est en vous que se fait le meilleur investissement qui soit, et sur le long-terme, vous gagnerez énormément de temps, même si en réalité, vous verrez les résultats au bout de quelques jours.

  • Techniques de concentration

La concentration est à la base de la compréhension, elle-même à la base de la mémorisation. C’est la compétence la plus facile et rapide à améliorer au début, ne la négligez sous aucune prétexte.

Améliorer sa concentration, c’est aussi adapter son environnement. Toute distraction est nocive à cette capacité. Ce sont peut-être des gestes simples, mais mettez votre smartphone sur « muet » et ne le gardez pas à vue, désactivez les notifications sur votre PC, demandez à ne pas être dérangés par quelque chose qui ne serait pas en rapport avec votre travail, …

  • Techniques de compréhension

Comprendre n’est pas qu’une histoire d’inné. La compréhension, ça s’améliore, et il y a des techniques pour ça. Des méthodes de travail à développer, organiser l’assimilation du cours en différenciant ses différents stades de difficulté (des fondamentaux aux détails), anticiper les applications concrètes du cours, etc.

Il existe aussi des exercices améliorant votre intuition, vos capacités cognitives, etc. Attention cependant avec ces dernières, les études et résultats en neurosciences s’enchaînent si vite qu’il faut faire preuve de recul. Mais renseignez-vous sur le Dual N-Back par exemple.

  • Techniques de mémorisation

Enfin, les stratégies de mémorisation vous feront gagner un temps fou. Le but ici est d’apprendre à solliciter ses connaissances acquises de la manière la plus rapide et efficace possible. Votre mémoire a des capacités absolument ahurissantes (il est impossible de la saturer en une vie, il en faudrait au minimum 3).

Le problème est que notre mémoire, à l’image de notre cerveau, est d’abord adaptée pour le monde préhistorique, qui n’a plus rien avoir avec celui d’aujourd’hui. Les mémoires les plus développées sont la mémoire olfacto-gustative, la mémoire des lieux (du moins la partie du cerveau sollicitée pour reconnaître les lieux), la mémoire émotionnelle, la mémoire procédurale (pour les procédures physique comme faire du vélo ou du ski), … Bref, des mémoires utiles, mais bien plus il y a des milliers d’années.

L’objectif des techniques de mémorisation est d’utiliser les mémoires les plus développées de façon adaptée au monde dans lequel nous évoluons aujourd’hui. Autrement dit, elles ne sont pas innées et nécessitent un apprentissage.

  • L’organisation

Enfin, qu’il soit question de son travail, de son rythme d’apprentissage ou de son environnement, s’organiser nécessite une connaissance de soi.

Prenons le rythme par exemple. Saviez-vous qu’il est possible de devenir deux fois plus efficace lors d’une même durée simplement en variant les plages de travail et de pause. Si vous faites une session de 4 heures, vous pourriez maîtriser deux fois plus de connaissances simplement en faisant des « pauses stratégiques ». C’est peu de chose et pourtant les résultats semblent exorbitants.

C’est tout l’intérêt de l’investissement en soi et en ses capacités, effectuer en moins de temps et avec plus d’efficacité une tâche. Il est certain qu’au bout d’une semaine, les différences entre celui qui investit en lui et celui qui ne le fait pas ne seront pas forcément flagrantes (bien que repérables), mais au bout d’un ou plusieurs mois/années, c’est un gouffre qui les séparera.

Avec des outils correctement affûtes, tout le monde peut réussir une PACES.

9. Travailler jusqu’à l’overdose

  • Le mensonge qu’on vous a inculqué

Une fois, lors d’un cours de statistiques en première année de psychologie, un professeur a dit « Vous devez avoir mal à la tête en sortant de cet amphi, ce sera la preuve que vous avez bien travaillé. ». C’était le premier cours de l’année, je n’y suis jamais retourné.

Ce mensonge du mérite par la souffrance est un mythe continuant de torturer un trop grand nombre d’élèves et d’étudiants.

Vraiment ? Vous vous sentez efficaces avec une migraine vous ?

La réalité neuronale est toute autre : s’amuser est le meilleur moyen d’apprendre, point. Plus vous rendez une tâche attractive, amusante, plus votre attention est focalisée dessus, plus vous aimez la correction et donc la progression, plus vous avez envie de vous y investir, plus vous obtenez de résultats.

Pour des métiers nécessitant des compétences très précises (chirurgie, pilote, …), les étudiants passent tôt ou tard par un simulateur (voire un entraînement en condition réelle, mais passons les détails), ils pratiquent. La simulation est un jeu, personne ne ferait confiance à un pilote de ligne annonçant au micro « C’est la première fois que je touche des commandes, mais rassurez-vous, j’ai tout appris en cours de pilotage sur tableau. » Moi je descends.

L’enseignement tendra d’ailleurs de plus en plus vers la simulation, dans des domaines toujours plus nombreux avec le développement technologique.

Tout ça pour en venir à ce fait : ne travaillez pas jusqu’à l’épuisement, jusqu’à l’écœurement.

  • Overdose d’une matière

Si vous avez plusieurs matières à travailler, il est important de varier. Chaque jour, ne travaillez non pas un mais plusieurs domaines, sinon vous risqueriez de vous dégoûter d’une matière et de plier tout travail futur à cause d’une simple overdose originelle.

Vous croyez que votre travail sera moins « organisé », parce que vous aviez découpé votre emploi du temps hebdomadaire par matière ? Investissez une heure supplémentaire pour en faire un prenant en compte la diversité des matières, c’est important, c’est plus efficace.

  • Overdose de travail

Parfois (souvent ?), vous avez simplement besoin d’une pause, voire d’arrêter pour la journée. Sur ce plan, tout le monde n’est pas égal (les semaines d’Elon Musk peuvent vous complexer par exemple), mais vous devez faire attention à vous.

Apprenez à écouter votre corps et votre mental, si vous vous apercevez que vous ne comprenez plus rien, que c’est le néant dans votre mémoire et qu’un simple flash lumineux par la fenêtre vous distrait pendant 5 minutes, arrêtez-vous, vous perdez votre temps. Il est plus raisonnable de vous détendre et de dormir plutôt que de forcer votre cerveau à effectuer une tâche qu’il ne peut plus réaliser.

Alors, faisiez-vous une ou plusieurs des erreurs précédentes ?

Les faites-vous encore ? Avez-vous décidé d’arrêter de les commettre ?

J’espère sincèrement que cet article vous sera concrètement utile, que vous agirez après l’avoir lu. Car changer l’École commence d’abord par changer les pratiques de ceux qui doivent en bénéficier. C’est ce que je m’efforce de faire sur Marginal Sup . D’ailleurs, si vous souhaitez comprendre comment apprendre efficacement un cours et gagner du temps, étape par étape, j’y ai réalisé un guide complet téléchargeable.

Dans tous les cas, c’est à vous de jouer.

Améliorez-vous, prenez soin de vous, soyez généreux avec les autres, soyez actifs et rendez vos cours uniques, vous avez les clés pour réussir.