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Le Club Memori
Pour ceux qui veulent comprendre, maintenir et améliorer leur mémoire.
Vulgarisation scientifique, méthodes, trucs et astuces pour bien mémoriser.

LA MÉMOIRE EN PRATIQUE

La méthode en 5 points pour bien mémoriser un cours… et briller à l’oral!

Aujourd’hui je m’adresse aux lycéens et aux étudiants. Mais ça peut quand même intéresser les autres…

Après tout, nous sommes tous allé au collège et même au lycée. Et pour une part notable d’entre nous, en BTS, en fac ou dans une école après bac.

Et, le système étant ce qu’il est, nous savons qu’il y a des tas de choses à mémoriser. C’est du boulot et on n’est pas toujours très performant. J’en ai su quelque chose au collège et au lycée…

Dans ce blog, je n’ai encore rien dit de moi en dehors de ce qui se trouve dans l’onglet « à propos ». Je vais faire aujourd’hui une exception pour vous raconter comment je me suis trouvé en difficulté et comment j’ai résolu le problème… trop tardivement.

Ma scolarité secondaire a été pénible.
Ma mémoire ne suivait pas.

Etant donné que j’étais premier de classe en primaire, je ne m’attendais vraiment pas à être en difficulté au collège. Et pourtant si ! Je me suis littéralement « traîné » de la 6ème au bac. Abonné aux 10 sur 10 en primaire, j’ai fait ensuite la connaissance des… 10 sur 20. Rarement plus, mais assez souvent moins. Je passais de classe en classe de justesse, avec des moyennes de 9,95…

Pourtant je travaillais. Mais je n’étais pas efficace.

En primaire je comprenais tout, je retenais tout sans avoir besoin de travailler. Une lecture rapide et hop!! c’était torché. En secondaire je comprenais à peu près tout… mais je ne retenais pas. Il y avait trop de choses et j’avais la tête en vrac. Et ça a été comme ça jusqu’au bac.

C’est en fac que je me suis retrouvé à l’aise. Ça s’est fait apparemment tout seul. Mais quand je jette un regard en arrière, je vois bien qu’en fait j’ai alors mis en place les bonnes stratégies. C’est de cela qu’il est question dans cet article.

Mémoriser un cours, ça consiste en quoi ?

Typiquement, mémoriser un cours fait appel à la mémoire sémantique. C’est à dire que vous allez mémoriser ce que vous comprenez.

Certes, vous pouvez toujours mémoriser une poésie absconse ou apprendre par cœur une partie de cours que vous ne comprenez pas. Mais vous n’irez pas loin avec ça. Vous aurez une mémorisation faible. Vous aurez une rémanence faible de votre « apprentissage ».

Non, pour mémoriser bien il faut comprendre. Vous allez probablement mémoriser cet article. Mais supposez qu’il soit écrit en portugais, en grec ou en farsi… A moins de parler ces langues, vous en mémoriserez rien du tout.

La méthode la plus fiable que j’ai pu trouver pour comprendre et mémoriser un cours est celle que je me suis inventé en fac. Par la suite, quand j’ai étudié le fonctionnent de la mémoire, je me suis aperçu que j’avais fait exactement ce qu’il fallait. Je ne sais pas si c’était une prescience ou un miraculeux hasard. Mais le fait est là.

Pour bien mémoriser un cours vous devez suivre ces 5 points

A savoir:

  • 1- vérifiez que le cours suit une logique explicative cohérente. C’est généralement le cas d’un cours écrit. C’est nettement moins vrai d’un cours oral si l’enseignant fait des digressions et des retours en arrière fréquent. Remettez vos notes dans l’ordre. C’est plus facile avec un traitement de texte qu’avec un brouillon écrit…
  • 2- formez un groupe de travail. Même si la structure est cohérente, la prise de notes est assez souvent déficitaire… Mieux vaut donc comparer et compléter avec d’autres “scribes”. A la fac (mais c’est valable pour le lycée ou le collège) on s’y mettait à trois ou quatre. Celui qui en avait noté le plus lisait ses notes, les autres notaient ce qui leur manquait et indiquaient au lecteur ce qu’il avait oublié. En précédent ainsi vous activez votre mémoire sociale. On retient toujours mieux ce dont on a parlé avec d’autres personnes. Plus de détails ici.
  • 3- dégagez le structure du cours, délimitez bien les différentes parties. Donnez-leur un titre. Dans un cours écrit c’est souvent déjà fait. Pas toujours. Cette opération peut se faire au sein du petit groupe. Dans mon expérience on n’était pas toujours d’accord pour les titres. Mais chacun pouvait mettre le sien.
  • 4- faites un résumé de chaque partie. Tout ça peut sembler fastidieux. Mais c’est fou le temps que ça fait gagner ensuite. Pour savoir pourquoi, continuez la lecture.
  • 5- ensuite seulement passez à l’apprentissage et… n’apprenez vraiment que les titres et les résumés. Ne cherchez pas à tout apprendre. Même remarque que ci-dessus : ça fait gagner un temps fou. Tout est expliqué plus bas.

Pourquoi ça marche ?

En fac, par rapport au lycée j’ai travaillé moins…  et mémorisé mieux. Donc ça marche. Mais pourquoi ?

En fait c’est très compréhensible : il ne sert à rien de vouloir tout apprendre dans le détail tant que vous ne connaissez pas bien la structure et le résumé de chaque partie.

Vous devez fabriquer une ossature sur laquelle vous aller greffer ensuite des détails.

Quand vous maîtrisez bien votre sujet en titres et résumés, vous pouvez simplement lire alternativement le cours complet et le cours résumé. Les compléments par rapport aux résumés vont s’insérer tout seuls sans effort particulier de votre part.

Sauf peut-être si vous êtes rétif à la matière…

Dans ce dernier cas, j’avais une parade. A l’époque il n’y avait pas d’ordinateur comme aujourd’hui (Comment ? Oui c’était il y a un… certain temps.) mais j’avais commencé à apprendre à taper à la machine. Je tapais tout ce qui ne me passionnait pas. Et comme ça, ça rentrait quand même.

Avec un traitement de texte c’est la même chose. Réécrire favorise énormément la mémorisation.

Jusqu’où faut-il résumer ?

La réduction de matière peut varier beaucoup d’un cours à l’autre, d’une matière à l’autre, d’un enseignant à un autre. On doit pourvoir diviser par deux ou trois un texte très rétif à la simplification. Par quatre ou cinq un texte plus standard. Et par plus que ça encore un texte avec beaucoup d’enrobage « littéraire ».

Imaginez que vous deviez faire en 5 à 10 minutes un résumé oral d’un cours d’une heure.

C’est à peu près ce qu’il faut viser. Cela suppose d’enlever le « gras ». Vous devez dégager d’abord la structure et déterminer vos titres. Ensuite extraire l’essentiel pour expliquer de quoi il s’agit sous chaque « titre ».

Cette discipline favorise la mémorisation pour les raisons suivantes :

  • Cela vous oblige à « rentrer » dans la matière et à comprendre de quoi il s’agit. Vous activez alors votre mémoire sémantique, celle des mots, de la connaissance, du sens. On retient bien que ce l’on comprend bien.
  • Vous organisez votre connaissance dans un plan qui se déroule logiquement. C’est donc facile à retenir car cela s’appuie sur le fonctionnement associatif naturel de la mémoire. Une chose en amène une autre naturellement.
  • Les éléments du plan (les « titres ») forment ce que l’on appelle des indices de rappel, lesquels, comme leur nom l’indique, favorisent le rappel de ce qui y est associé, en l’occurrence les résumés.

Ensuite les résumés servent d’indices de rappel pour les différentes parties du cours elles-mêmes.

Vous pourriez (presque) vous contenter des résumés.

Si vous avez bien résumé l’essentiel… vous avez-là le « minimum syndical » à connaitre… Cela ne vous fait pas briller mais cela prouve que vous connaissez le sujet. De plus vous vous rappellerez plus longtemps ce que vous avez appris.

Prenons maintenant le cas d’un examen de contrôle.

Quand bien même vous ne fourniriez que votre résumé bien organisé, vous feriez une prestation honorable. Vous auriez probablement la moyenne. Et ce sera meilleur qu’une prestation mal organisée quand bien même certaines parties seraient recrachées par cœur.

Et si c’est un oral, alors là tant mieux. Il est toujours plus facile de répondre à des questions que de se souvenir d’emblée de tout. Or, l’examinateur vous demandera sans doute des précisions.

Ses questions seront autant d’indices de rappel pour rappeler les compléments à votre résumé. Il est probable que ses questions diminueront au fur et à mesure de votre prestation quand il sera convaincu que vous connaissez la question. Au vu de la qualité de votre exposé synthétique il conclura peut-être que vous avez un sacré talent de vulgarisateur…

Le grand secret est toujours dans la structure et le résumé.

Comment croyez-vous qu’un conférencier, par exemple, puisse tenir 2 heures sans notes? La structure et les résumés pardi !

Beaucoup d’entre eux projettent un PowerPoint qui reprend les « titres ». Cela vous permet d’anticiper de quoi il va s’agir. Donc une aide pour l’auditoire. Le fait de pourvoir anticiper de quoi il va s’agir crée de l’attention dans l’assistance.

Mais annoncer les titres et sous-titres leur permet aussi de déclencher leur résumé… qu’ils vont d’ailleurs carrément vous déclamer oralement. « Dans ce sous-chapitre nous verrons que… etc ». Et ensuite ils reprennent tout depuis le début en entrant cette fois dans le détail.

Eh bien, vous pouvez faire la même chose à l’oral.

L’oral, c’est le top pour rappeler ce que l’on a mémorisé…

L’oral est souvent mal vécu par les élèves et les étudiants. Il intimide. L’écrit peut vous paraître plus sécurisant. Il est vrai que vous devriez vous en tirer assez bien si vous suivez la méthode en 5 points. Comme je l’ai dit plus haut, rien qu’avec votre suite de résumés bien titrés, vous pourriez avoir la moyenne.

Mais comme vous avez lu le cours entier en alternance avec son résumé (le seul que vous apprenez vraiment je vous le rappelle) vous ferez certainement beaucoup mieux. Vous avez en effet mémorisé sans vous en rendre compte d’autres éléments que vous pourrez restituer. Peut-être pas tous évidemment. Mais vous ferez mieux que la moyenne c’est sûr.

Toutefois, à l’oral vous ferez encore beaucoup mieux. Car, à l’oral, vous avez un avantage considérable sur l’écrit. Vous pouvez restituer les éléments complémentaires qui intéressent votre examinateur…

Voilà) ce que je vous suggère. Faites comme le conférencier, annoncez d’abord votre plan. Ensuite déroulez vos résumés. A moins de tomber sur un examinateur hargneux, sadique ou muet… il va vous demander ensuite des précisions.

Excellent!

La nature des demandes va vous orienter vers les compléments qui vont vous revenir aisément. Mais surtout vous répondez alors précisément à ses demandes spécifiques. Vous entamez donc un dialogue avec lui.

Créez une relation avec l’examinateur

Prenons un exemple simplet. Vous êtes interrogé(e) sur la géographie de l’Alaska et le pourcentage de l’étendue des forêts ne figure pas dans votre résumé. A l’écrit ce pourrait être un mauvais point si vous l’oubliez.

A l’oral non. Si cela importe à l’examinateur, il va vous poser la question. Vous avez lu dans le cours complet que c’est 44 % du territoire. Ça s’est greffé tout seul à votre résumé et vous avez la réponse. L’examinateur va voir que vous le savez.

Psychologiquement c’est mieux pour le couple étudiant-examinateur. Parce que vous suscitez une relation, un dialogue. Parce que vous faites bonne impression. L’examinateur comprend que l’omission n’est pas de l’ignorance et que vous aviez fait un exposé condensé.

Et vous, avec ce type d’échange, vous stressez beaucoup moins qu’en voulant tout débiter devant un examinateur réduit au silence… dont vous vous demanderez ensuite comment il vous évalue.

Donc ne restituez pas tout. Laissez l’examinateur vous poser des questions !

Et si ce n’était pas le cas ? Il y a peu de chance que ça se produise. Mais en ce cas, après vos résumés, déclarez tranquillement que vous avez fait un résumé et que vous êtes maintenant à sa disposition pour répondre à ses questions.

Le fait qu’il y ait un enjeu dans les oraux (surtout aux examens diplômants) fait que vous avez tendance à les voir sous un angle plus émotionnel que rationnel. Rationnellement, les examinateurs ne sont pas là pour vous enfoncer. Ils sont là pour vous sonder, pour vérifier que vous avez les connaissances demandées.

Ils se rendent bien compte quand vous recrachez du par cœur sans « habiter » ce que vous dites. C’est seulement dans ces cas-là qu’ils vont chercher à vous piéger pour voir si vous comprenez vraiment ce que vous racontez ! Et ils ne font pas ça par sadisme…

Dans les autres cas, ils préfèrent largement entamer un dialogue avec vous. Il arrive d’ailleurs qu’ils vous donnent eux-mêmes des informations que vous ne connaissez pas. Elles vous permettent de rebondir. Vous n’avez pas ces interactions à l’écrit.

Alors vive l’oral!

Avant de terminer juste un mot. Je fais des recherches sur la mémoire depuis bientôt 40 ans. eh bien je n’ai encore pas trouvé mieux que les 5 points que je vous ai indiqués ici.

Ce n’est pas encore la période des examens mais l’apprentissage des cours, lui, est permanent. Autant le faire de manière efficace… en permanence.

En ce mois de janvier 2018, je vous adresse tous mes vœux de réussite.